Raymond Domenech a-t-il raison d'affirmer qu'il a changé?
| Oui | 29% | |
| Non | 65% | |
| Nsp | 6% |


Patrick Tambay, notre consultant, revient sur le Grand Prix de Hongrie, en insistant sur la nouvelle dimension qu'est en train de prendre Lewis Hamilton dont les qualités s'affirment probablement comme celles d'un futur champion du monde.
«Êtes-vous d'accord avec ceux qui pensent qu'il ne s'est pas passé grand chose durant ce GP de Hongrie ?
Non. On a quand même distribué des points pour le Championnat. Que la course ait été considérée comme excitante ou terne, c'est la même chose. Les points il faut aller les chercher. C'est difficile. Le circuit est particulièrement délicat, la piste est physique, l'adhérence y est précaire. Ceux qui n'apprécient pas le spectacle, c'est tant pis pour eux.
Peut-on dire que Lewis Hamilton a fait preuve de sa maîtrise habituelle de bout en bout ?
Plus encore. On a découvert un nouveau Hamilton. En qualifications déjà , où il s'est élevé contre son directeur d'équipe Ron Dennis, contre son ingénieur. Il était sûr de son bon droit. Il a même été jusqu'à mettre son équipe dans la m... Il a démontré son caractère, sa personnalité et son tempérament qui sont sans aucun doute ceux d'un probable champion du monde.
Derrière Hamilton, c'est un peu la résignation ?
Il n'y a pas que lui qui souffre en ce moment. Mais il y a quand même eu des duels dans ce GP, même s'ils n'ont pas donné lieu à de grandes bagarres et des dépassements. Je répète que le Hungaroring est l'un des circuits les plus difficiles avec Monaco pour doubler. Il est de plus très glissant et on ne peut s'écarter de la trajectoire sans être susceptible de sortir immédiatement de la piste en perte d'adhérence. On est coincé derrière la voiture qui vous précède. Le seul endroit où l'on peut réellement attaquer est au bout de la ligne droite des stands, mais sans garantie de succès.
Pouvait-on envisager un succès d'un autre pilote, Räikkönen, par exemple, qui a été en chasse durant 70 tours ?
Le plus grand ennemi d'Hamilton était tout simplement lui-même. C'était lui qui avait la plus grosse pression sur les épaules. Surtout dans un contexte pareil avec les incidents de la veille. Il voulait se racheter. il l'a fait, devant un Räikkönen qui lui a soufflé dans le cou aussi longtemps. Il a aussi profité des erreurs des autres comme il sait si bien le faire. Erreur de Ferrari avec Felipe Massa à qui on a oublié de mettre de l'essence lors des qualifications et qui ont éliminé samedi le Brésilien dès le Q2. Erreur d'Alonso qui est parti 6e sur la grille.
L'ambiance est spéciale en ce moment dans le cirque de la F1. Comment la jugez-vous ?
Sur le plan sportif, c'est assez acharné. Et donc fatigant au sein des teams. Sur le plan technique on va continuer à développer les moteurs, la simulation, durant les trois prochaines semaines avant la prochaine course en Turquie. Sur le plan extra-sportif, tout va continuer avec des échanges de courriers entre McLaren, Ferrari et la FIA. Et là on verra bien. Mais cela met du piment supplémentaire. De toute manière, dès que le feu rouge s'éteint et que le feu vert s'allume, la course reprend ses droits. Et comme le dit le dicton: "When the flag drops, the bullshits stops."»
Propos recueillis par Philippe VERNEAUX

