
Chaque saison, de nouveaux pilotes découvrent la Formule 1 et ses tourments. Pour certains, comme Lewis Hamilton l'an dernier, l'aventure est belle. Pour d'autres, elle est plus chaotique. Nelson Piquet Jr, aussi appelé Nelsinho, est de ceux-là . Le pilote Renault, après cinq Grands Prix, n'a toujours pas gagné un point. Il n'a même pas fini une seule course dans le Top 10. Si bien que déjà les rumeurs de son éviction circulent...
Il n'est jamais facile d'être le fils de son père. Et quand celui-ci est triple champion de F1, l'héritage est encore plus lourd à porter, surtout si l'on essaye de marcher dans ses traces. Pour Nelsinho, fils de Nelson donc, champion du monde en 1981, 1983 et 1987, la comparaison n'est pour le moment pas vraiment à son avantage. A 22 ans, le Brésilien est entré cette saison dans le grand cirque de la F1, après avoir passé l'année 2007 comme pilote d'essais chez Renault. Et l'apprentissage n'est pas vraiment une partie de plaisir. Cinq courses, zéro point, trois abandons et une 11e place en Malaisie comme meilleur résultat. «Certains pilotes ont besoin de plus de temps pour apprendre, alors que d'autres réussissent dès le début», clame Nelsinho, comme une invitation à ne pas le juger trop vite.
Il n'a pas vraiment tort, mais en F1 plus qu'ailleurs, tout va très vite. Et lui, justement, ne va pas assez vite. Il pourrait dès lors fort bien perdre son volant avant la fin de la saison. Pour le moment, il a toujours le soutien de son patron, Flavio Briatore : «Nelsinho a beaucoup de talent. Il fait partie de l'équipe et nous devons le soutenir. Je n'ai aucun doute à son propos.» Soutien que le pilote ressent également, en n'oubliant pas de la jouer modeste : «L'équipe est derrière moi, ils essayent de m'aider du mieux qu'ils peuvent, je n'ai pas à me plaindre. Heureusement, de course en course je m'améliore et suis de plus en plus à l'aise».
Battu par Hamilton en GP 2
En fait, si Nelsinho Piquet souffre, c'est surtout de la comparaison. Avec son père, évidemment. Mais aussi et surtout avec deux autres pilotes de sa génération. Heikki Kovalainen tout d'abord. Le Finlandais, qui l'a précédé dans le baquet de la Renault l'an dernier, avait lui aussi connu des soucis au début de son aventure, mais la monoplace de l'époque était moins performante que l'actuelle, et Kovalainen avait terminé la saison avec une deuxième place au Japon. Cette saison, chez McLaren, il a pris la troisième place en Malaisie et aurait pu s'imposer en Turquie le week-end dernier s'il n'avait pas touché Kimi Räikkönen au premier virage. Des preuves suffisantes qu'il ne manque pas de talent.
L'autre pilote est Lewis Hamilton. La saison dernière, pour ses débuts en F1, le Britannique avait impressionné en montant sur le podium de ses neuf premières courses, et s'était battu pour le titre mondial jusqu'au bout. En 2006, d'ailleurs, Hamilton et Piquet s'étaient affrontés pour le titre de GP2 et le Britannique s'était imposé. Bien évidemment, la McLaren 2007 n'a rien à voir avec la Renault 2008, mais Fernando Alonso, le coéquipier du Brésilien, a démontré ce qu'on pouvait faire, même avec une voiture "moyenne" (4e en Australie, 6e en Turquie).
«Chaque fois que je m'assois dans la voiture, je découvre des choses, c'est pourquoi j'ai eu beaucoup de mal au début, souligne le rookie. Bien sûr ce n'est pas une excuse. Lewis a été parfait dès ses premières courses. Heikki se débrouille très bien aujourd'hui, mais parfois, un pilote peine et s'améliore peu à peu. Je veux marquer des points, cela arrivera tôt ou tard.» Le plus tôt serait le mieux... - F. B.
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