
Son accident à Hockenheim le 20 juillet lui a-t-il aussi servi de choc psychologique ? Le fait est que deux semaines plus tard, à Budapest, tel un phénix qui renaît de ses cendres, Timo Glock (Photo Reuters) est apparu plus fort que jamais. Durant tout le week-end, l'Allemand s'est mêlé à la lutte avec les meilleurs. Peut-être une surprise pour ses adversaires. Mais pas pour lui. «Je savais que nous avions une bonne vitesse en qualifications. Nous sommes restés très forts» en course. Et cerise sur le gâteau : le pilote Toyota est monté pour la première fois de sa carrière sur un podium en Formule1. Autant dire qu'il était difficile pour lui d'espérer mieux. D'ailleurs, juste après la course, il avait encore peine à réaliser ce qui lui arrivait. «C'est un sentiment incroyable», disait-il. «Obtenir un tel bon résultat lors de ma première année est fantastique.» Un résultat qui ne doit toutefois rien au hasard.
Car si Toyota a décidé de l'engager en 2007, c'est qu'il y a une bonne raison. Les dirigeants de la firme nippone cherchent à l'époque un pilote à la fois jeune et expérimenté. Mais surtout un pilote capable d'être de nouveau compétitif, pour faire oublier les contre-performances à répétition de Ralf Schumacher. Glock semble être le candidat idéal. L'Allemand gravite autour des paddocks depuis déjà quelques années. Pilote essayeur en 2004 chez Jordan, puis pigiste la même année pour l'écurie irlandaise, il choisit ensuite de partir à l'étranger pour tenter l'expérience du ChampCar, avec une certaine réussite. Elu «Rookie» de l'année en 2005, il décide l'année suivante de revenir en Europe pour se donner les moyens d'atteindre son objectif de toujours : piloter une Formule1. C'est alors qu'il s'engage dans le Championnat GP2, une sorte d'antichambre de la catégorie reine. Après des débuts timides, il parvient en 2007 à remporter le titre. Le déclic.
Plus rapide que Räikkönen
Et c'est donc fort de cette première ligne à son palmarès qu'il débarque à l'orée de la saison 2008 chez Toyota. La suite : une quatrième place à Montréal et pas grand-chose d'autre. Si ce n'est ce violent accident, «plus spectaculaire que vraiment grave» au Grand Prix d'Allemagne. Contraint de passer la nuit en observation à l'hôpital, Glock doit subir un examen médical avant d'être autorisé à reprendre le volant, sur le Hungaroring. Et là , «dès vendredi j'ai dit à mon ingénieur qu'il n'y avait pas besoin de changer grand-chose à la voiture, on était dans le rythme et je savais qu'on pourrait prendre des points, a-t-il expliqué après coup. Bien sûr, je ne m'attendais pas à finir si bien classé.» Il s'est même permis le luxe de faire la fine bouche. «Je pense même qu'en qualifications j'aurais pu arriver à gagner une place ou deux si tout s'était passé de manière idéale.» Signe que la confiance aidant, les ambitions suivent.
Auteur du cinquième temps des qualifications, le coéquipier de Jarno Trulli a toutefois pris son temps dimanche, histoire de ne pas gâcher tout le travail accompli jusque-là . Il s'est d'abord évertué à conserver sa place, devant une meute de poursuivants, et pas des moindres, au premier rang desquels Räikkönen et Alonso ont fait figure de véritables chasseurs. Une fois débarrassé de l'Espagnol, le Finlandais a même sérieusement mis la pression sur Glock. Qui «a tenu» jusqu'au bout. «Aujourd'hui, Timo a fait une course fantastique. Il était sous la menace de Kimi (Räikkönen), mais nous avons très vite vu qu'il était plus rapide dans le troisième secteur, a noté son manageur chez Toyota Tadashi Yamashina. C'est donc une superbe performance.» Pour sa part, l'Allemand n'a pas caché sa satisfaction d'évoluer là où il a toujours voulu être : dans un baquet de F1. «Je me sens très bien à bord de la voiture et je crois que l'équipe a fait de gros progrès. J'ai une totale confiance. C'est très agréable.» - H.S.

