Le destin sportif est parfois cruel et Kimi Räikkönen (Photo L'Equipe) le sait mieux que tout le monde, lui qui vit une saison infernale. Ce dimanche, le Grand Prix de Belgique, le treizième en 2008, lui a encore porté malheur, ce qui fera sourire les supersticieux. «Nous sommes vraiment déçus pour Kimi, qui a effectué une grande course et méritait de gagner, spécialement dans ces temps difficiles» a résumé Stefano Domenicali, le patron de l'écurie Ferrari. Après cet abandon, le champion du monde en titre glisse à la quatrième place du Championnat avec 57 points, juste derrière Robert Kubica (58), mais loin de Lewis Hamilton (76) et Felipe Massa (74). Au point que ce dernier doit être aujourd'hui perçu comme le premier pilote de la Scuderia.
Le Finlandais caracolait pourtant en tête de la course depuis le deuxième tour. Parti de la quatrième place sur la grille, Räikkönen avait très vite remonté deux de ses devanciers, Massa et Heikki Kovalainen, avant de prendre la tête, profitant du tête à queue de Hamilton. Quarante tours plus tard, la situation n'avait pas changé et "Iceman" était sur le point de remporter sa troisième victoire de la saison et de se refaire un moral en béton armé. Car Räikkönen, qui n'avait plus gagné depuis huit courses - soit plus de quatre mois - en arrivant à Spa-Francorchamps, se trouvait ces derniers temps proche de la dépression. D'aucuns le pensaient même capable de prendre une retraite anticipée en fin de saison. Et sa sortie de piste aux essais samedi n'était pas franchement propice à un retour de sourire sur un visage déjà difficilement déridable. Mais cette fois, les circonstances semblaient enfin favorables à un succès qui l'aurait ramené à onze longueurs de son grand rival anglais.
Raikkönen perd un duel de légende avec Hamilton
Un peu plus de deux tours à parcourir donc... La pluie, qui avait daigné s'interrompre depuis une demi-heure avant le départ, refaisait son apparition. Hamilton fondait d'un coup sur Räikkönen. Le duel fabuleux débutait. L'Anglais passait magnifiquement. Le Finlandais annulait l'avantage de quelques coups de volants magistraux. Les deux bolides se touchaient à au moins deux reprises, ni l'un ni l'autre ne voulant céder. Une voiture attardée et en embardée gênait alors le duo qui sortait de concert de la piste et prenait le chemin de... la bande d'arrêt d'urgence avant de se rétablir. Räikkönen s'emparait du commandement encore une fois. Pas pour longtemps. Hamilton coupait une chicane - un fait sanctionné un peu plus tard - et se retrouvait devant pour être ensuite à nouveau en difficulté et se faire redoubler. "Räikkö" paraissait pouvoir enfin conclure mais craquait quelques instants plus tard. Surpris par l'asphalte de plus en plus glissant, il voyait sa voiture effectuer un tête à queue et allait heurter un mur de protection, direction l'abandon. Comme au Canada (percuté par Hamilton), comme à Valence (moteur cassé)...
«Je suis venu ici pour gagner et je suis passé près, a souligné Räikkönen. Dans les derniers tours, les conditions d'adhérence étaient vraiment limites et malheureusement, je suis sorti large. L'arrivée de la pluie ne m'a pas aidé. Dans ces conditions, lorsque vous êtes en tête, vous devez être plus prudent car vous ne savez pas quelle sera l'adhérence lors du freinage suivant. Voilà comment Hamilton est revenu sur moi et ensuite il est arrivé ce que tout le monde a vu. C'est la deuxième course de suite où je ne marque pas de point.» Pour autant, Räikkönen, qui comptait 17 points de retard sur Hamilton à deux Grands Prix de la fin l'an passé avant de le doubler sur le fil, se battra sans doute jusqu'au bout. «Tout peut arriver, reconnaît Hamilton lui-même. Il a beaucoup de travail à faire, il a la pression car il est derrière nous (Hamilton et Massa, ndlr). Je pense que Felipe fait du meilleur boulot que lui dans l'équipe et nous devons nous, de notre côté, essayer de faire un meilleur boulot encore.» (Avec AFP)

