Montréal n'est pas encore prêt à abandonner son Grand Prix alors que Bernie Ecclestone (Photo L'Equipe. A gauche : Norman Legault, promoteur canadien du GP du Canada) a décidé sa supression du calendrier. Vendredi, Michael Fortier (ministre canadien du commerce extérieur et responsable de la région de Montréal), Raymond Bachand (ministre québécois du développement économique, de l'innovation et de l'exportation, mais aussi du tourisme) et Gérald Tremblay (maire de Montréal) ont annoncé qu'ils allaient rencontrer le grand argentier afin de régler leur différend.
M. Tramblay a en effet confirmé l'information du quotidien québécois La Presse selon laquelle une dette contractée par les organisateurs du Grand Prix, comprise entre 6,4 et 12,8 millions d'euros, est à l'origine de cette décision. Ce déficit est dû à la hausse des redevances exigées par la FOA. La Formule 1 «n'est plus viable pour une entreprise privée», a regretté un responsable de l'état-major du GP du Canada. Un consortium réunissant la ville de Montréal, la province de Québec et le Canada serait à l'étude, mais la capacité d'investissement des autorités reste imprécis et devra être «financièrement responsable» selon MM. Bachand, Fortier et Tremblay.
Nick Fry : l'Amérique du Nord est «un un objectif prioritaire»
M. Fortier, qui a reconnu que le pouvoir politique ne connaissait pas encore l'ampleur des coûts exigés, a ajouté que Bernie Ecclestone s'était «montré ravi de voir que les gouvernements s'impliquaient». Ceux-ci semblent avoir été pris par surprise. «MM. Ecclestone et Legault (promoteur canadien de l'épreuve) avaient conclu une entente qui gardait la F1 a Montréal jusqu'en 2011. Nous avons toujours présumé que cette entente n'était pas remise en question et, pour cette raison, nous avons été très surpris de la décision», a déclaré le premier ministre du Québec Jean Charest. Normand Legault est donc au centre du débat et d'ailleurs, il «se retire définitivement» de l'organisation du Grand Prix a annoncé M. Tremblay.
Il y a peu de chance de retrouver le Grand Prix du Canada en 2009 à en croire Nick Fry, patron de Honda et membre de l'association des constructeurs, la FOTA, cité par La Presse : «Je ne pense pas que nous parviendrons à sauver l'épreuve pour 2009, c'est trop court. Par contre, nous devons trouver une solution pour 2010 et les années suivantes. Pour nous, les constructeurs, le continent nord-américain représente un marché fondamental. Y implanter la Formule 1 n'est pas aisé, nous en sommes conscients, parce qu'il existe déjà de nombreuses courses automobiles à succès aux États-Unis. Au sein de la FOTA, nous devons réfléchir à un plan stratégique pour y parvenir et remettre ces deux Grands Prix au calendrier (Canada et Etats-Unis). Pour moi, c'est un objectif prioritaire. Et je pense que nous disposons tout de même de certains moyens de pression sur Bernie...» (Avec AFP)

