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JEUX OLYMPIQUES D'ETE

PEKIN 2008 - BMX FEMMES

Vendredi 22 août 2008
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CHAUSSON, PARI RÉUSSI !
Par Peggy BERGERE, à Pékin

Les Françaises Anne-Caroline Chausson et Laëtitia Lecorguillé ont réalisé le doublé lors de la finale du BMX, remportant ainsi les médailles d'or et d'argent, les premières de cette discipline qui faisait son apparition aux JO à Pékin. Mention spéciale à "Anne-Caro", venue chercher l'or aux JO après une carrière longue de 20 ans et riche de multiples titres mondiaux... en VTT de descente !
La Britannique Reade chute, Anne-Caroline Chausson file vers la médaille d'or. (Reuters)
 
La Britannique Reade chute, Anne-Caroline Chausson file vers la médaille d'or. (Reuters)

Solides de bout en bout les deux Françaises ! Dominatrices de leurs demi-finales, chacune a conservé de sa lucidité pour se placer idéalement sur la ligne de départ en finale, et s'écarter de la Britannique Shanaze Reade, double championne du monde en titre, et archi favorite malgré une chute spectaculaire lors de sa première course. «La dernière course de demi-finale décide de la ligne de la finale. J'ai fait le choix volontaire de traîner un peu sur la fin afin de ne pas partir favorite et de laisser Reade en premier sur la corde. Elle m'avait déjà enfermée sur les courses précédentes», a expliqué la future championne olympique, n°2 mondiale.

Après un départ canon et des premières bosses bien avalées, la Dijonnaise prenait les devants dès le première virage, laissant la Britannique juste derrière, pendant que Laetitia Le Corguillé restait à l'affût. Tout se jouait dans le dernier virage, où Reade touchait la roue de Chausson, et chutait pendant que l'ancienne vététiste passait tranquillement les derniers whoops... et la ligne d'arrivée la première, précédant sa compatriote médaillée d'argent. «J'ai pris un bon départ, ce qui est très rare. Ca a été tendu dans les premières courbes. Ca a frotté à la fin, mais c'est passé. J'ai encore du mal à y croire», avouait Anne-Caroline Chausson, partie de loin pour réaliser son rêve.

«Il a fallu que je réapprenne tout»

Deux ans de travail acharné ont précédé sa récompense olympique. D'abord, il a fallu sortir d'une retraite sportive prise à 28 ans en 2005 à l'issue d'un dixième titre de championne du monde de VTT de descente (non olympique) décroché à Lugano. Une décision prise il y a presque deux ans après avoir longtemps dit non. «Fabrice Vettoretti (entraîneur national de BMX) m'en avait déjà parlé en 2004. J'étais en plein dans ma carrière de vététiste, et ça ne m'avait pas frôlé l'esprit. Puis, j'y ai repensé bien plus tard. Le BMX me donnait l'occasion de participer pour la première fois aux JO, et pourquoi pas d'y faire quelque chose. J'ai interrogé ma famille, des amis, et j'ai croisé David Douillet... En un mois, la décision a été prise. En gros tout le monde m'a dit "tu as une chance d'y participer, il faut le faire"», a expliqué la Française.

Décision prise, il a ensuite fallu revenir à ses premières amours, le BMX, une discipline qui lui avait offert son premier titre mondial en 1987, mais «qui n'a rien à voir le VTT». Mettre toute les spécificités du VTT aux oubliettes, et effectuer un travail physique et technique complètement différent de celui fait pendant les vingt dernières années. «Il a fallu que je réapprenne tout. On a beau être sur un vélo, ça n'a rien à voir. Physiquement, on ne s'entraîne pas du tout de la même manière parce que qu'il ne s'agit pas du même type d'effort. Après, la posture du BMX est différente. C'est un sprint, un sport de force, où nous sommes debout, alors que le VTT est beaucoup pluie fluide, on est beaucoup moins raide sur le vélo».

Finies les descentes seule et les courses de contre-la-montre de 5 minutes, place aux runs de huit bicrosseurs longs de 35 secondes où la chute est possible à chaque instant. La Française s'accroche, travaille, remporte les Championnats d'Europe en 2007, et décroche une médaille d'argent aux Championnats du monde cette saison. «Elle a fait un gros boulot. Elle a besogné. Elle n'a rien laissé au hasard, elle a fait un travail excptionnel. Elle a progressé de manière excpetionnelle en deux ans», a détaillé Fabrice Vettoretti, responsable du pôle Elite à Aix-en-Provence.

L'éducation, une autre force

Vendredi à Laoshan, Anne-Caroline Chausson a également prouvé qu'elle possédait une vraie force mentale. Première à l'issue des qualifications, la Française aurait dû recevoir sa médaille d'or jeudi après l'annulation des courses en raison de la pluie. L'UCI en a subitement décidé autrement, autorisant au final le report des runs, et non l'annulation totale comme le stipule le règlement. «Hier matin, lorsqu'il pleuvait, je me suis dit : "maintenant j'attends la médaille". Et puis ils ont changé le programme. L'attente a été longue, ça a duré quatre heures. Sans savoir si c'était fini ou pas. J'étais un peu abattue. Mais j'ai reçu une éducation où on m'a appris que rien n'était facile. Je me sers des éléments perturbateurs pour me renforcer. Mes amis m'ont soutenue, encouragée, en me disant que de toute façon, la médaille, il fallait aller la chercher à la régulière, qu'elle serait d'autant plus belle». Assurément belle même, presque autant que ses larmes sur la plus haute marche du podium.

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