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JEUX OLYMPIQUES D'ETE

PEKIN 2008 - VTT (Hommes)

Samedi 24 août 2008
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ABSALON, UN GÉANT
Par Sophie DORGAN, à Pékin

Pour la troisième fois d'affilée, un Français décroche l'or olympique en cross-country. En maître incontesté dans une course parfaitement disputée, Julien Absalon garde son titre devant son coéquipier Jean-Christophe Peraud et le Suisse Nino Schurter.
Julien Absalon a encore la force de soulever son vélo après avoir passé la ligne. (L'Equipe)
 
Julien Absalon a encore la force de soulever son vélo après avoir passé la ligne. (L'Equipe)

«J'en veux encore», avait prédit Julien Absalon après son titre olympique à Athènes. Le Vosgien est un homme de paroles. Quatre ans plus tard à Pékin, le quadruple champion du monde démontre sa grandeur en s'imposant devant son compatriote Jean-Christophe Peraud et le Suisse Nino Schurter. Comme tous les grands champions, tout paraît si simple. Il part au deuxième tour et après seulement vingt-minutes de course, ses rivaux peuvent déjà voir le dos du maillot tricolore s'éloigner dans la colline de Laoshan. Son coéquipier Jean-Christophe Peraud reste dans la roue de Nino Schurter qui finit par craquer. Sous une chaleur et une humidité accablantes, les deux Français se font la belle à tour de rôle. L'un devant et l'autre derrière à 33 secondes au troisième tour. Les supporters des Bleus ne se sont pas trompés. Campés juste sur la ligne d'arrivée, ils voient défiler les tours et les deux tuniques tricolores.

«Londres, pourquoi pas ?»

En costaud, Julien Absalon augmente progressivement son avance sur son compatriote et le reste des coureurs. «J'ai décidé d'attaquer tôt pour essayer d'assurer une médaille. J'avais l'occasion de faire une cassure et de partir à trois. Cela assurait déjà une médaille. Ensuite, quand j'ai eu une opportunité de partir tout seul, je l'ai fait, raconte sobrement le double champion olympique. C'était un circuit très exigeant. Ce n'était pas la peine d'attendre. Je préfère gérer seul ma course, mon effort et mes passages techniques. Etre en tête, c'est toujours mieux que de subir la course.» Solide, Jean-Christophe Peraud résiste à l'armada suisse, emmenée par Christoph Sauser, champion du monde en titre, et Nino Schurter. Plus les tours passent, plus les écarts se creusent. Mais les organismes souffrent. A chaque tour, Julien Absalon s'hydrate avec un demi-litre d'eau pour éviter le coup de chaleur qui lui avait été fatal aux Mondiaux de Val di Sole. Avant d'atterrir en Chine, il a augmenté son quota de soleil en s'entraînant dans le Var aux heures les plus chaudes.

A une minute derrière lui à deux tours de la fin, l'ingénieur du Creusot commence à sentir des crampes : «J'ai géré mon effort pour éviter le retour de l'arrière. Ensuite, j'ai été submergé par l'événement.» Le Vosgien connaît quelques picotements lors des quatre derniers kilomètres. «Heureusement qu'il n'y a pas eu neuf tours», souffle-t-il après coup. Que doivent dire ses adversaires ? Quand il passe la ligne, il soulève son vélo et touche le sol si précieux de Laoshan sous le regard d'une vingtaine de membres de sa famille. Sa maman, son beau-père, sa mamie et sa fiancée peuvent aller l'enlacer. Et le petit village de 1200 âmes de Raon-aux-Bois où son entraîneur de toujours, Gérard Brocks, assiste à la nouvelle prouesse de son élève devant un écran géant, peut exploser de joie. L'enfant du pays ne déçoit jamais. Dans la dernière descente avant la ligne d'arrivée, il a pu savourer et dans les 100 derniers mètres, il a pu accrocher ses rêves à la réalité. «C'était vraiment une explosion, beaucoup d'émotions. Il se passe des millions de choses. C'est une image à laquelle j'ai rêvé des dizaines, des centaines ou des milliers de fois. Le faire en vrai... J'ai du mal à réaliser, avoue le coureur d'Orbea qui peut partager son rêve avec son coéquipier, Jean-Christophe Peraud, médaillé d'argent. Je l'ai rêvé pendant tellement de nuits, même à l'entraînement. C'était beaucoup d'émotions de pouvoir réaliser ce rêve.» Après Athènes, il avait dit : «J'en veux encore». Après Pékin, il répond : «Londres ? Pourquoi pas ?» Les rêves ont bien une signification. Ses adversaires cauchemardent déjà.

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