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JEUX OLYMPIQUES D'ETE

Athlétisme - Dans la tête de... YOHANN DINIZ

Du 8 au 24 août 2008 à Pékin
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« À L'ARRIVÉE, LA JOIE L'EMPORTE SUR LE PHYSIQUE »
Par Olivier PAQUEREAU

Que se passe-t-il dans sa tête ? De la veille de la compétition à la fin de sa course, Yohann Diniz nous explique la façon dont il vit un 50 kilomètres marche.
« A un moment ou à un autre, j'aurai mal. Mais il faudra rester motivé. » (L'Equipe)
 
« A un moment ou à un autre, j'aurai mal. Mais il faudra rester motivé. » (L'Equipe)

La veille : « Je suis détendu »

« L'entraînement de la veille a lieu le matin et se limite à trente ou quarante minutes de marche. On est un peu à l'écoute de son corps. Ça sert à déverrouiller les jambes. On s'occupe aussi de la préparation de la course et de la logistique. Pour ça, on discute avec les médecins et le kiné de l'équipe de France. Ensuite on fait le point sur les adversaires avec les entraîneurs nationaux et mon coach personnel. Tout ça fait qu'on entre enfin dans le vif du sujet. Ça y est, on y est. Mais je suis détendu. Ça ne met pas un coup de pression. »

La nuit : « Ça ne sert à rien de se coucher tôt »

« Le départ d'une épreuve a lieu entre 7h30 et 8h. Cela implique de se lever très tôt. Mais la dernière nuit n'est pas la plus importante. Donc ça ne sert à rien de se coucher à 19h30. Généralement, c'est dodo à 22h. Je n'ai pas d'appréhension. Si la préparation a été bonne, je suis en confiance. Si c'est l'inverse... La veille, j'ai préparé toutes mes affaires : maillot, dossard, sac. Du coup, je n'ai plus qu'à me lever. C'est-à-dire à 4h pour une épreuve quatre heures plus tard. Je prends un petit déjeuner tranquillement. Il n'y a pas grand monde autour de moi C'est toujours les mêmes personnes, un peu comme un rituel. Je trouve ça marrant. Le départ pour le lieu de compétition est fixé à 5h30-6h. »

Le trajet : « J'aime bien discuter et déconner »

« Quand je me réveille, je suis dans la course, concentré. S'il y a d'autres Français avec moi dans le bus qui nous emmène, chacun fait son truc dans son coin. On est collectif jusqu'à la veille. Mais j'aime bien aussi discuter et déconner (sic), même si ça cache un grand sérieux. Je parle de tout et de rien. J'en ai besoin pour détendre tout le monde, moi y compris. Mais, parce qu'il va y avoir quatre heures à fournir derrière, je sais aussi m'arrêter. »

L'échauffement : « Tu es regardé, c'est rigolo »

« A ce moment-là, on se sent regardé et, du reste, on l'est. Tes adversaires veulent savoir où tu en es. Moi, ça ne me dérange pas tellement. Car ça peut aussi être un jeu d'intox. Là aussi, je trouve ça rigolo. Ce n'est pas sur un échauffement que les choses se passent. Je suis relativement tranquille. Puis on passe par la chambre d'appel et, là, c'est long. J'ai vraiment hâte que ça commence. »

La course : « Rester motivé »

« Durant les premiers kilomètres, je me laisse faire. Un marcheur va mettre le rythme et les favoris vont se regarder. Un tel round d'observation peut durer entre cinq et quinze kilomètres. Jusqu'au trente premiers kilomètres, les positions vont être de toute façon assez floues. Puis des personnes vont commencer à craquer. Comme l'effort est très long, il faut être tout le temps concentré. Ne penser qu'à la course, au ravitaillement, à l'arrivée. A un moment ou à un autre, j'aurai mal aux jambes ou à la tête. Mais il faudra rester motivé. Ça m'est arrivé une fois de flancher. Au vingtième kilomètre, j'avais course gagnée mais, comme j'étais sous le coup d'une disqualification, j'ai baissé mon rythme et je n'ai pas pu me relancer. Je peux vous dire que quand ça vous arrive alors qu'il reste encore trente kilomètres à marcher, ça fait mal. »

L'arrivée : « La joie prend le dessus »

« Ces derniers temps, je suis plutôt euphorique car j'obtiens un podium. A ce moment-là, c'est la joie qui l'emporte, davantage que le physique. J'ai atteint mon objectif donc je suis content et fier. Mais je n'ai pas le temps de savourer tout ça. Il faut tout de suite aller voir la presse. Ça dure longtemps et c'est lourd (sic) parce qu'on vient quand même de fournir un effort. Mais, au fur et à mesure des questions, je réalise ce que je viens de faire. Après, il y a le contrôle antidopage et la cérémonie. Et je ne vois mes proches que cinq ou six heures après la fin de la course. Tout est redescendu et je suis content que ce soit terminé. »

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