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JEUX OLYMPIQUES D'ETE

Les souvenirs olympiques de...LAURA FLESSEL

Du 8 au 24 août à Pékin
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« TOUTES MES MÉDAILLES SONT BELLES »
Par Olivier PAQUEREAU

Laura Flessel a décroché au moins une médaille lors des trois dernières éditions des Jeux Olympiques. Sa présence à un tel niveau apporte forcément son pesant de souvenirs. Morceaux choisis.
« Mes médailles disent merci à chaque fois à ceux qui m'ont permis d'arriver à ce stade. » (L'Equipe)
 
« Mes médailles disent merci à chaque fois à ceux qui m'ont permis d'arriver à ce stade. » (L'Equipe)

« Laura Flessel, vous souvenez-vous de votre première qualification pour les Jeux Olympiques, à Atlanta en 1996 ?
Oui. L'épée féminine était représentée pour la première fois donc c'était une vraie belle fête. Pour moi, ça représentait aussi le début d'une aventure. Ce n'était pas une fin en soi. Je savais aussi que ça ne serait pas mes derniers Jeux. Avant Atlanta, j'étais 3e mondial, donc d'un point de vue statistiques, si toutes les données étaient respectées, j'avais une chance de podium. Mais je ne me suis pas posée plus de questions que ça.

« Le piétinement, un vrai danger »

Quels ont été vos premiers souvenirs chaque fois que vous êtes arrivée dans une cité olympique ?
Je citerai une même chose : après être arrivée, on allait toujours directement dans la salle des accréditations. Car le document qui nous permet de dire qu'on est aux Jeux, c'est la carte d'accréditation. A ce moment-là, on devient un sportif olympique et on rentre dans la cour des grands.

Y a-t-il des pièges dans lesquels on risque de tomber ?
Il y a des tentations effectivement, surtout celle d'aller tout voir. Mais on va avant tout aux Jeux pour nos compétitions et, pour certains, ça représente quatre années de préparation. Au niveau de l'escrime toutefois, on est une grande famille. Nos aînés nous avaient briefés : « Attention, on a toujours envie de tout voir, c'est une petite ville dans une grande ville ». Sinon on piétine beaucoup aussi et c'est fatigant. Et, ça, c'est un vrai danger. Le Village notamment est très grand, même s'il existe différents moyens de transport. Il faut trouver un juste équilibre.

Avez-vous pu quand même voir d'autres disciplines ?
Bien sûr ! Et j'ai tout aimé. Je me suis entraînée avec des membres de l'équipe de France de pentathlon moderne, puisqu'ils tirent aussi à l'épée. A Sydney, j'ai vu l'épreuve féminine entrer aux Jeux. C'est une discipline merveilleuse. Les athlètes se surpassent et se congratulent tous à l'arrivée. Je me rappelle aussi de l'équipe de France de basket à Sydney et de leur médaille d'argent. C'est dommage, elle ne sera pas là, cette année. Tout ça, ce sont des images qui resteront à jamais dans ma tête. Même s'il y a la compétition, l'amour du sport et l'amour de sa patrie, il y a aussi les rencontres qu'on fait. C'est subtil, c'est un court moment. Ça ne peut durer qu'une minute ou cinq secondes mais ce n'est que du bonheur.

« J'ai chambré Kuerten »

Et combien de vedettes avez-vous croisé justement ?
Beaucoup ! (Rires) Mais je vais faire un clin d'oeil à Gustavo Kuerten qui vient d'arrêter sa carrière. Je l'ai rencontré au Village olympique à Sydney. Je venais de récupérer des cassettes pour mon caméscope et je suis tombée sur lui. Il avait son maillot de l'équipe de foot du Brésil avec les étoiles dessus pour commémorer leurs victoires en Coupe du monde. Or, nous, la France, on venait de gagner la Coupe du monde. Donc je l'ai un peu chambré. Lui, de son côté, parlait un peu français et il était tout content de placer deux mots de notre langue. Ça a duré deux, trois minutes mais j'ai immortalisé ça, je l'ai filmé. On s'est chambré mutuellement alors qu'on ne se connaissait pas. J'étais juste une Française et, lui, un Brésilien. On était tennisman et escrimeur, mais on a parlé foot, c'était magnifique.

Parmi toutes les médailles que vous avez remporté aux Jeux, celles ramenées d'Atlanta sont les plus marquantes, n'est-ce pas ?
Au niveau du résultat, oui, évidemment. Mais, moi, j'en ai ramené cinq. Donc, pour moi, toutes ces médailles sont belles. On a tendance à privilégier davantage l'or que l'argent et le bronze. Mais, derrière ces médailles, il y a douze ans de haut niveau, de la préparation, du doute, des remises en question, des départs, du travail d'équipe. En fait, ce sont des médailles qui disent merci à chaque fois à ceux qui m'ont permis d'arriver à ce stade. Et je les chéris toutes.

Quels conseils donneriez-vous à un escrimeur qui va participer à ses premiers Jeux ?
Il faut en profiter, être curieux car c'est un moyen d'évoluer et de faire attention aux travers qu'on peut rencontrer comme je l'ai évoqué. Sinon il faut se faire plaisir, c'est la fête du sport. Il y a les meilleurs mondiaux. Cela va être des moments inoubliables. Il faut se donner à 200%. On va avoir peur, oui, mais il faudra apprivoiser cette peur et se transcender pour faire rêver tous les jeunes qui ne sont pas partis.

« Mes derniers Jeux...pour le moment »

Réalisez-vous que vous allez prendre part à vos quatrièmes Jeux Olympiques ?
Oui mais je ne tombe pas dans l'affectif pour autant. Je pars à des Jeux, un point c'est tout. Certes il y a de beaux souvenirs mais je participe à d'autres JO et je vais m'enrichir. Je me suis déjà enrichie par le fait d'avoir côtoyé d'autres personnes. Là, je vais aller dans un pays différent avec une culture différente. Mon ambition et ma maturité sont accrues.

Comment avez-vous pu tenir aussi longtemps ?
Quand on part aux Jeux, c'est une préparation de quatre ans avec des phases différentes : du stress, du doute, des blessures. Mais j'ai eu la chance d'avoir une carrière avec peu de gros pépins. J'ai également pu m'enrichir grâce à une structure qui a été à l'écoute de mon corps et de ma récupération et je remercie ces personnes encore aujourd'hui. Ces périodes m'ont permis d'être incisive au bon moment. Parfois, il y a eu des ratés ou des chutes car mon corps était fatigué. Mais l'important, c'est de bien s'amuser.

Est-ce que ce sont vos derniers Jeux ?
Pour le moment, oui. (Rires) Mais, là aussi, je ne veux pas tomber dans l'affectif. »

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