LA FOUGUE À ATHÈNES, LA MATURITÉ À PÉKIN
Par Sophie DORGAN
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 Tout sur les JO«Gwladys Epangue, quelle image des JO vous a marquée ?
C'est difficile de dire cela aujourd'hui mais Marion Jones m'a fait rêver à Sydney en 2000. Elle avait tout pour elle. Je suis fan d'athlé, c'est mon deuxième sport. J'aime beaucoup Hicham El-Guerrouj. J'ai discuté un peu avec lui, il m'a donné tout de suite des conseils et ça n'a pas de prix de la part d'un tel champion. Il m'a dit qu'aux Jeux d'Atlanta en 1996, où il est tombé, il avait beaucoup de pression et c'était dur pour lui d'avoir failli à cet instant-là . En 2000, il me racontait que c'était lui le meilleur mais qu'il avait tellement de pression que ses jambes étaient trop lourdes pour courir, il n'en pouvait plus, il avait le poids de tout un pays sur ses épaules, c'était très dur pour lui. En 2004, il avait mis de côté la pression, il était vraiment décidé à se faire plaisir, à courir pour lui et ça a marché. Pour lui, le secret, c'est de se faire plaisir, sans pression pour avancer naturellement. Il a appris beaucoup de ses échecs, il y a un destin. C'est pour cela qu'il a été récompensé de deux médailles d'or dans une Olympiade, c'est fou.
Comment avez-vous vécu votre arrivée dans le village olympique à Athènes ?
Lorsque je suis arrivée, on a croisé des gens du taekwondo, des Egyptiens. On savait qu'on allait se taper dessus mais on était tellement contents d'être là , c'était fou. Tout le monde s'est salué, on était ravis d'être là parce qu'au taekwondo, c'est beaucoup plus dur de se qualifier pour les Jeux que les Jeux en eux-mêmes. J'ai pensé : "je suis dans le village olympique, waouh". Je me suis laissée un peu "bouffer" par cela. J'étais tellement contente d'être là . Je me disais : "je suis dans le village avec mes idoles, Hicham El-Guerrouj, Haile Grebresselassié, Maurice Greene, Frankie Fredericks". Me dire qu'on est dans la même manifestation, c'était énorme. Je ne suis rien, un bébé, à côté des Paula Radcliffe. Le premier soir quand j'arrive au self, je mange avec Ana Guevara, enfin à côté. C'était incroyable. C'est tellement énorme.
Comment imaginez-vous le village à Pékin ?
Tout ce que j'imagine, c'est d'être avec mes camarades de l'équipe de France olympique, c'est tout. On se croise souvent à l'INSEP et à chaque fois qu'on se croise, on se motive, on se dit un petit mot, on se demande un peu des nouvelles, on se demande où on en est de la qualification, etc. J'aime ce sentiment d'appartenance à un groupe, en l'occurrence l'équipe de France, on se sent soutenue et c'est extraordinaire. Il me tarde de retrouver les «copains» de l'équipe de France pour qu'on fasse des Jeux une super fête. Aux Jeux, je n'aurai pas l'occasion d'aller les voir malheureusement car je combats à la fin. Si je pouvais, j'irais les voir et je donnerais de ma voix pour tout le monde parce qu'au-delà d'être de bons sportifs, ce sont des gens extraordinaires.
Quand allez-vous arriver à Pékin ?
Le taekwondo, c'est du 20 au 23, on arrivera sûrement le 15, on va faire un stage en Corée pour le décalage horaire pendant une ou deux semaines. Je suis allé deux fois à Pékin, une fois pour un stage d'entraînement avec l'équipe nationale chinoise puis une autre pour les Championnats du monde en mai. Je n'ai pas eu le temps de visiter le site, mais il y a eu une compétition test en février dans les installations, des jeunes nous ont fait un petit retour.
Comment sentez-vous ces Jeux ?
Je les sens mieux que la dernière fois. A Athènes, c'était plus de la fougue, de l'envie, la jeunesse. Je découvrais les Jeux et là , j'ai gagné un peu en maturité, je suis en droit d'attendre quelque chose de moi.»



















