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JEUX OLYMPIQUES D'ETE

PEKIN 2008 - NATATION

Dimanche 17 août
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PHELPS AU PLUS QUE PARFAIT
Par Benoit LALLEMENT, à Pékin

Michael Phelps a réussi un pari unique dans l'histoire des Jeux Olympiques : en remportant dimanche avec ses compatriotes le relais 4 x 100 m 4 nages devant l'Australie et le Japon, l'Américain a remporté son huitième titre olympique à Pékin. Une performance unique. Depuis Athènes, il a collectionné 14 médailles d'or.
Michael Phelps a illuminé le Water Cube de tout son talent durant les Jeux. (Reuters)
 
Michael Phelps a illuminé le Water Cube de tout son talent durant les Jeux. (Reuters)

Le reste n'existe plus. L'Allemande Steffen peut bien avoir baffré les deux titres du sprint, ajoutant celui le 50m à celui du 100m un peu plus tôt dans la semaine et délivrant seule son pays de l'humiliation d'un fanny. Le Tunisien Mellouli, tout juste de retour d'une suspension pour dopage, peut bien avoir noyé dans une fin de course plus costaud et pour 0''69 les rêves de triplé de Hackett sur 1500m. Et même le record du monde de l'Australie avec le 4x100m 4 nages féminin, qui symbolise sa domination du côté des femmes, ne compte pas. Tout simplement parce que Michael Phelps vient d'entrer dans une autre dimension, pénétrer un monde inaccessible au commun des mortels et des athlètes qu'il défriche. Seul.

Il n'existe plus aucun référentiel pour mesurer ce qu'il vient de se passer. Le dernier, l'ultime, a sauté. Longtemps, ce que Mark Spitz avait réalisé à Munich en 1972, ces sept ors magnifiés de sept records du monde, avait été considéré comme un exploit ultime. Personne ne pourrait jamais faire mieux, ni même égaler. C'est fait. Trente-six ans après Munich, quatre ans après Athènes où il était passé si près (six titres et deux médailles de bronze), Michael Phelps a définitivement renvoyé Spitz et sa moustache dans les livres d'histoire. Huit titres olympiques, dont cinq individuels, mais aussi sept records du monde, dont quatre individuels, c'est énorme. Inouï.

Franchement, celui de ce matin était presque une évidence. Il suffisait aux Américains, trop forts pour la concurrence même si l'Australie leur compliqua la vie jusqu'au bout, de ne pas être disqualifiés. Peirsol en dos, Hansen en brasse, et Lezak en crawl firent le métier, pour ne pas plomber la marche triomphale de Phelps, leur papillonneur du jour. Et, une fois la touche passée, une fois que le Kid du Michigan eut jubilé, expulsant dans un même élan des années de travail insensé et de rêves fous, le trio l'entoura en un bel hommage. Le premier d'une longue, très longue série qui n'est pas près de s'arrêter tant les superlatifs vont maintenant déferler. Le second viendra de sa famille, sa maman Debby notamment, qu'il rejoignit dans les tribunes après le podium pour une accolade emplie de tendresse. Comme pour rappeler qu'il est un fils, un homme avant d'être un nageur d'exception. Avant de s'éclipser, de mettre un point final à une semaine parfaite.

Car de sa série du 400m 4 nages, samedi soir, à son relais 4x100m 4 nages ce dimanche matin, soit dix-sept plongeons, Phelps ne commit aucune faute. Maîtrise technique et tactique dans l'eau fruit de ses heures d'entraînement sous l'oeil expert de Bob Bowman. Maîtrise émotionnelle et temporelle sur terre grâce à la vigilance de Bob Bowman. C'est la réussite absolue, d'un nageur, ou plutôt d'un duo. Phelps eut même le petit coup de pouce du destin. Avec ces huit centièmes qui basculent du bon côté lors de la victoire US sur la France lors du 4x100m, et encore ce centième dans son camp face à Cavic sur 100m papillon samedi. Mais il n'y a sans doute pas de hasard.

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