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JEUX OLYMPIQUES D'ETE

Pékin 2008 - Cyclisme sur piste - Vitesse par équipes

Vendredi 15 août
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UN «CRUNCH» DÉROUTANT
Par Sophie DORGAN, à Pékin

Championne du monde en titre, l'équipe de France, composée de Grégory Baugé, Kevin Sireau et Arnaud Tournant, a subi la puissance des individualités anglaises et décroche la médaille d'argent en vitesse. Logique sur la piste et cruel dans les coeurs.
Les sprinteurs français (Tournant, Baugé, Sireau et Bourgain) et leur médaille d'argent. (L'Equipe)
 
Les sprinteurs français (Tournant, Baugé, Sireau et Bourgain) et leur médaille d'argent. (L'Equipe)

Le "crunch" a tourné court. Au vélodrome Laoschan, le terrain de jeux n'est pas vert, mais le résultat invite au même constat. Les Anglais adorent faire pleurer les Français à l'image de Kevin Sireau en larmes sur le podium. Même le tour d'honneur en solitaire de Grégory Baugé, avec le drapeau sur les épaules, ressemble davantage à un automatisme de pistard en détresse. Seul Arnaud Tournant possède le recul de l'expérience : «Ce ne sont pas des regrets, c'est davantage de la déception.» Une quatrième médaille olympique, même d'argent, ne se boude pas. «Il faut apprécier cette médaille à sa juste valeur. C'est la quatrième fois que je connais ce bonheur-là, cela reste à vie. Ce sont des moments qu'on n'oubliera jamais. Je pense que dans quelques jours si on repose la question à Greg et Kevin, ils seront amplement satisfaits d'être sur un podium olympique et d'avoir une médaille autour du cou.»

«Les Anglais étaient intouchables»

Dans l'instant, cette médaille symbolise la défaite. Et perdre contre les Anglais quand vous les avez battus quatre mois avant chez eux à Manchester pour devenir champions du monde, c'est dur à avaler. Avec le recul de l'analyse, cette médaille concrétise le travail et illustre surtout la domination des Britanniques. Et ce n'est pas un drop de Wilkinson à la dernière minute qui a fait basculer l'histoire. Dès les qualifications, les champions olympiques ont marqué leur territoire. Pour le rugby, la force du pack. Pour le cyclisme sur piste, la force des individualités avec le surpuissant Chris Hoy, le jeune Jason Henny et le solide finisseur Jamie Staff. «Il faut se rendre à la réalité. Aujourd'hui, les Anglais étaient intouchables, concède l'entraîneur des sprinteurs, Gérard Quintyn, qui a croisé sur le vélodrome son acolyte d'antan, Daniel Morelon, aujourd'hui sous les couleurs chinoises. Ils battent à chaque fois la meilleure performance mondiale.» Meilleur départ en 17"198 pour Chris Hoy, meilleur deuxième tour pour Jason Henny en 12"555 et meilleur troisième tour pour Jamie Staff en 13"197, le tout en 42"950 dès les qualifications... «Ils sont passés sous la barre des 43". On ne pensait pas que c'était possible, avoue Florian Rousseau, l'autre coach des sprinteurs. Il y a une grosse progression par rapport aux Championnats du monde où ils étaient à 43"7, il y a eu un gros bond.»

Cela vous place des hommes et vous déplace des stratégies. Pour contrer les Britanniques, l'équipe de France décide alors de changer ses hommes lors du premier tour en remplaçant Arnaud Tournant par Mickaël Bourgain. Puis le Nordiste revient en piste pour la finale, mais rien ne peut ébranler les trois boys. Même à cinq mètres les uns des autres, ils survolent la finale pour s'imposer avec plus de 55 centièmes d'avance en 43"128. Même les données chiffrées ne peuvent raisonner les deux plus jeunes pistards, Grégory Baugé et Kevin Sireau, qui vivent leurs premiers Jeux Olympiques. «C'est la rage parce qu'on est triple champion du monde», ne décolère pas Grégory Baugé, qui a du mal à reconnaître dans l'instant la force adverse. Comme tout champion, son orgueil est blessé. En sage, Arnaud Tournant connaît la valeur d'une médaille et la cicatrisation par le temps : «Bien sûr qu'il y aura toujours de la déception quand on n'est pas sur la plus haute marche du podium. Je l'ai connu pas mal de fois, mais avec du recul, j'ai toujours apprécié ce que j'ai fait pleinement.» Il faut toujours écouter les grands frères. En espérant que l'histoire ne se répète pas inlassablement. Attention, les Anglais aiment bien faire pleurer les Français et Chris Hoy se présente comme un vrai bourreau.

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