
Les handballeuses françaises débuteront leur tournoi olympique dès samedi à 9h (heure locale, 3h en France), par un match face à l'Angola. Le premier obstacle d'un long parcours qu'elles rêvent d'achever, après deux tentatives infructueuses (Sydney et Athènes), avec une médaille autour du cou. Capitaine emblématique des anciennes championnes du monde (2003), Stéphanie Cano fait le point à quelques heures du début du tournoi.
« Stéphanie Cano, vous avez doucement débuté vos JO en prenant vos quartiers au village olympique le 1er août...
Et tout va bien. On est restées un peu cloîtrées au début, mais de jour en jour, on prend nos marques, et tout le monde est un peu plus cool. Ca ne veut pas dire qu'on s'éparpille pour autant. On ne fait rien d'extraordinaire non plus, si ce n'est aller au magasin olympique, à la salle de fitness, faire du vélo, se balader. Bref... on s'occupe. Nos seules sorties du village se sont limitées à la Grande Muraille et au point presse au Club France.
Quel est votre objectif ?
On vient pour une médaille. Bien sûr, on rêve d'or. Mais l'objectif officiel sera de passer les quarts de finale. Derrière, tout est possible. Les matches peuvent se jouer à rien, à un ou deux buts, à une ou deux conneries... Cette équipe a un gros potentiel, à condition que chacune tienne son rôle. Mais dans tous les cas, nous sommes aux JO pour faire un résultat, et pas seulement pour participer.
L'équipe de France est rentrée sans médaille de ses deux premières campagnes olympiques (Sydney et Athènes). Y a-t-il eu quelque chose de différent dans la préparation pour Pékin ?
On a eu davantage de dialogue avec le staff, avec Olivier (Krumbholz, l'entraîneur) notamment. On a été davantage sollicitées, on nous a plus demandé notre avis, le déroulement de nos réunions a évolué. Avant, on nous projetait des vidéos. Depuis un ou deux ans, on a tendance à nous les donner, et c'est à nous d'en faire l'analyse. L'approche est différente, et sans nous mâcher le travail, on nous demande d'y réfléchir. Petit à petit, chaque fille se rend compte qu'il faut être plus impliquée, qu'elle n'est pas là juste pour réciter ou faire ce qu'on lui demande, mais qu'il faudra faire des choix sur le terrain, et prendre ses responsabilités.
« On bout, et on a envie que ça sorte ! »
L'équipe est-elle en forme ?
Elle est prête, elle trépigne d'impatience. On bout, et on a envie que ça sorte ! On est dans la phase où on s'entraîne moins, histoire de soigner les petits bobos qui ont pu s'accumuler pendant la préparation. Ce qu'il faut maintenant, c'est ne pas s'engraisser (sourires). Mais c'est impossible avec notre petit docteur qui nous pèse tous les trois jours !
Vous débutez votre tournoi samedi face à l'Angola. Est-ce un bon tirage ?
A vrai dire, je ne sais pas. Les Angolaises auront peut-être du mal à se faire violence. Peut-être seront-elles un peu trop dilettantes ? Il faudra faire attention, c'est sûr. On a joué contre elles à Metz pendant le Mondial en décembre dernier, et on a perdu. Mais le scénario de cette rencontre est intéressant. On a mené très tôt, avant d'être rattrapées sur la fin, alors que d'habitude, on est dans la situation contraire. Aujourd'hui, on se rend compte grâce à ce match-là , mais également celui de la Roumanie (ndlr : défaite en quarts au Mondial alors que la France menait de 6 buts à la mi-temps) qu'on peut mener et faire de très gros débuts de match... mais également qu'on n'avait jamais appris à gérer cette avance ! On en a bien discuté, on a fait de bonnes séances vidéos pour corriger le tir.
Vous débutez à 9h00, un horaire très inhabituel...
Nous avons une préparation spéciale au niveau du petit-déjeuner, et depuis mardi, nous nous levons de plus en plus tôt pour nous mettre dans le rythme. Ce sera différent parce qu'on a l'habitude de faire les briefings les jours de match. Là , on fera nos réunions la veille, et on dormira dessus, ce sera peut-être positif.
Quelle est la chose la plus difficile à gérer pendant une telle compétition ?
C'est une compétition assez longue, et le rythme est différent comparé à des championnats du monde ou d'Europe. D'habitude, on fait trois matches d'affilée, puis on a un jour de repos, et on enchaîne. Pendant les Jeux, on a un jour de repos sur deux. Il y a du temps à combler, et il faut éviter de le combler en se prenant la tête.
A titre personnel, il s'agira de vos derniers JO...
Je n'y pense pas vraiment. Lorsqu'on m'en a parlé pour la première fois, je me suis dit «ah bon ? Ah oui c'est vrai » ! Je me suis dit que j'allais essayer d'en profiter, de ne pas trop réfléchir à ce qu'il faudrait faire, mais plutôt à ce que j'ai envie de faire. Pourquoi ça ne marcherait pas ? Peut-être que ça suffira même... »
Par Peggy BERGERE, à Pékin

