
Cela fait soixante ans qu'un coureur français n'a pas remporté l'épreuve sur route aux Jeux Olympiques depuis José Beyaert à Londres. Et le dernier podium obtenu par la délégation tricolore est à peine plus proche : 1956 et la médaille d'argent d'Arnaud Geyre à Melbourne. C'est dire si tous les quatre ans les Bleus espèrent monter sur l'une des trois marches du podium, là où de purs inconnus ont accédé et, plus près de nous, Paolo Bettini et Jan Ullrich, sacrés en 2004 et en 2000. Cette année, ils seront cinq Français à s'élancer samedi matin de la porte de Yongdingmen, dans la capitale chinoise, pour rallier après 245 km de parcours et une arrivée en côte : Pierrick Fédrigo, Rémi Pauriol, Jérôme Pineau, Pierre Rolland et Cyril Dessel.
«Un parcours très sélectif»
Pour ce dernier, l'été en cours est décidément bien riche. Un peu plus de quinze jours après sa victoire dans la 16e étape du Tour de France, le coureur de l'équipe AG2R part à la recherche d'une médaille sur le bitume pékinois : «Ce sont quand même les Jeux Olympiques. Quand on y va, c'est pour en ramener une. Je pense que c'est jouable, même si nous n'avons pas l'équipe la plus forte sur le papier ». Jeudi après-midi, les cinq coureurs tricolores sont allés reconnaître le parcours, qui passera devant des lieux tels que la place Tiananmen, le parc des vestiges du mur du palais impérial ou la Grande Muraille. « Le parcours est assez sélectif, détaille Dessel. Il y a une pente irrégulière et des passages en faux plat. Quand on monte, on bénéficie d'un vent favorable. Ce sera difficile de s'extirper. Je prévois une arrivée avec un groupe de dix, quinze coureurs. Celle-ci sera belle car elle se fera sur une ligne droite de 800 mètres. » Et ce final fait déjà rêver Paolo Bettini ou Alejandro Valverde, leaders des délégations italienne et espagnole.
Pour Cyril Dessel, la participation aux Jeux Olympiques survient treize jours après la fin du Tour de France. « Mais ça reste un avantage d'y avoir pris part, confie-t-il. On a trois semaines d'effort dans les jambes. Il y a de la fatigue, oui, mais aussi de la condition physique. C'est bien. » Pour lui, il y a aussi la découverte du milieu olympique qui n'est pas vraiment le quotidien d'un cycliste professionnel. Comme les autres sportifs, il est logé avec ses coéquipiers au Village olympique. « C'est vrai que dans la culture du cyclisme, ce sont surtout les Championnats du monde qui sont mis en valeur, dit-il. Mais je pense qu'au fil du temps la course olympique aura de plus en plus d'importance. »
En tout cas, Cyril Dessel et le reste du peloton seront parmi les premiers sportifs présents aux Jeux à subir les effets de la chaleur et de la pollution. « Ça ajoute à la difficulté, reconnaît-il. Moi, c'est surtout la chaleur et l'humidité qui me posent problème. C'est pesant. Quand on produit quelques efforts, les pulsations montent très vite. » Leurs collègues dans d'autres disciplines seraient biens inspirés de leur demander quelques conseils. - Olivier PAQUEREAU, à Pékin

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