Raymond Domenech a-t-il raison d'affirmer qu'il a changé?
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Brigitte Deydier, la DTN de la fédération française, annonçait avant les JO un objectif de quatre médailles, dont une en or. Au final, les quatre récompenses olympiques ont été obtenues, mais sans titre. Elle tire un bilan «correct» au final, en soulignant l'émergence des petits pays sur une compétition «spéciale comme les JO» où la pancarte de favori est à double tranchant.
BILAN GLOBAL : «Correct»
«L'objectif était de quatre médailles. Nous y sommes. Il a manqué un champion olympique. C'est un bilan correct par rapport à l'attente. En revanche, il est un peu décevant par rapport aux espoirs, surtout car certains athlètes auraient pu mieux faire. Nous sommes un peu déçus, même si parfois, nous avons frôlé la performance. De la troisième à la cinquième place, il n'y a pas forcément grand-chose. Je suis satisfaite de l'engagement des athlètes. A la fois pendant la préparation et pendant les Jeux. Ils ont été sérieux. Après, certains ont peut-être voulu trop bien faire, à l'image de Gévrise Emane (+ 70 kg, championne du monde en titre, éliminée au premier tour). Elle a trop voulu contrôler et s'est retrouvée perturber par un élément d'arbitrage.»
L'EQUIPE DE FRANCE FEMININE : «Quand même une déception»
(1 médaille d'argent : Lucie Décosse/- 63 kg) - 1 médaille de bronze, Stéphanie Possamaï/-78kg)
«Deux médailles c'est quand même une déception par rapport au niveau de l'équipe. Cependant, nous voyons sur cette compétition que les ténors sont mal lotis. Aucune championne du monde n'a obtenu de médaille d'or. Des nations comme la Mongolie, la Corée du Nord ou encore le Kazakhstan, dont on ne voit pas les représentants en compétition, ont fait plus que tirer leur épingle du jeu. Je retiendrai néanmoins le bon niveau technique global des filles. Du moins pour celles qu'on a vues. Parce que Frédérique Jossinet (-52 kg, sortie au premier tour après 25'' de combat), bien sûr, on ne l'a pas vue. Mais que ce soit Barbara Harel (5e chez les - de 57 kg), Lucie Décosse (- 63 kg), Anne-Sophie Mondière (7e des + 78 kg), ce sont des filles qui ont démontré qu'elles savaient faire du judo. Stéphanie Possamaï (-78 kg) l'a fait en deuxième partie de journée seulement. Elle a subi un moment la pression. Elle a du mal à s'en défaire.»
L'EMERGENCE DES "PETITES NATIONS" : «Elles ont un peu plus faim»
«Elles sont plus présentes parce qu'elles ont un peu plus faim, même si nos athlètes français ont également cette envie de grimper sur un podium olympique. Il y a des pays où la réussite aux Jeux Olympiques est vraiment essentielle. Dans l'ensemble, en voulant trop bien faire, nous n'avons pas été suffisamment précis et combatifs.
LES JO, UNE COMPETITION A PART ? «L'engagement y est particulier»
«C'est une compétition spéciale, une sorte d'élément perturbateur. C'est une compétition longue, et l'engagement y est particulier. Cela dit, avoir déjà participé aux JO n'est pas forcément un gage de réussite, ni un élément essentiel dans la sélection d'un athlète français. La fraîcheur et la spontanéité peuvent également être des atouts.»
TROP DE PRESSION ? «Un premier tour aux JO est toujours très difficile»
«Un premier tour aux Jeux Olympiques est toujours très difficile. Lorsque vous montez sur le tapis, vous savez que vous avez des années de travail derrière vous. Ça pèse. Peut-être que Gévrise (Emane, championne du monde en titre des - 70 kg) aurait pu se libérer si elle avait réussi à passer un premier tour. C'est le judo. Quand on a perdu un match, on est très en difficulté.»
FAVORIS, AVANTAGE OU INCONVENIENT ? «Ça marche dans les deux sens»
«Porter une telle étiquette s'est révélé être un handicap dans les deux sens. A la fois pour les athlètes désignés comme tels, mais également pour leur adversaires, motivés comme jamais à l'idée d'affronter un champion. Souvent, ils ont joué le match de leur vie, et se sont démobilisés juste après. C'est comme cela que nous nous avons parfois été éliminés dès le premier tour, sans passer par la case repâchages.»
ET L'AVENIR ? «Il faut aller encore plus fort, plus vite»
«Pour l'instant, aucun remaniement de staff n'est envisagé. Nous allons faire un débriefing à chaud, puis à froid à Paris. L'olympiade repart. Nous avons lancé beaucoup de choses pour ces Jeux de Pékin. Je crois à la continuité. Si nous ne travaillons pas dans la continuité, ça ne sert à rien. Il faut arriver à mettre les athlètes en confiance dans une forme de travail, dans une prise de risques. Et cela prend du temps. Il faut aller encore plus fort, plus vite. Intensifier tous les secteurs de la performance. Il faut être bon partout. Physiquement, techniquement, ils sont bons. Tactiquement et mentalement, il y a beaucoup de progrès à faire.»
Recueilli par P.B, à Pékin.
Quelques chiffres :
2 : Comme le nombre de médailles d'argent décrochées par la France : Benjamin Darbelet (-66 kg), et Lucie Décosse (-63 kg)... Mais aussi de bronze, grâce à Stéphanie Possamaï (-78 kg) et Teddy Riner (+100 kg)
4 : Comme le classement de la France au nombre de médailles remportées. Elle pointe derrière le Japon (7), Cuba (6), et les Pays- Bas (5). Elle est à égalité avec la Chine.
11 : Comme le classement de la France au rang des médaillés. Le Japon, malgré un tournoi difficile, reste roi avec quatre médailles d'or.
25 : Comme le nombre de nations médaillées en judo aux JO de Pékin

