L'équipe de France s'est inclinée en quarts de finale du tournoi olympique face à la Russie, mardi à Pékin, au terme d'un match à suspense ponctué de deux prolongations (32-31). Terrible redite : les Bleues avaient cédé exactement dans les mêmes conditions lors du Mondial en décembre 2007. Les Françaises ont cédé dans les ultimes secondes après avoir pourtant mené une bonne partie de la rencontre. «Le match, c'était le sport. Les Russes, c'était le sport. Les Françaises, c'était le sport. Mais l'arbitrage, ce n'était pas le sport.», a résumé Olivier Krumbholz.
Un départ tambour battant
Les Bleues étaient pourtant si près de renverser une montagne et de contredire toutes les critiques naissantes que leurs trois défaites d'affilée en fin de premier tour avaient engendré. Certes, s'incliner face à la Russie triple championne du monde n'est pas une contre-performance en soi, qui plus est après deux prolongations. La manière peut toutefois laisser un goût amer aux Françaises car les Bleues ont eu plusieurs balles de match et qu'au final, comme après la défaite en quarts de finale du Mondial face à la Roumanie (34-31), elles quittent la compétition avec des regrets. Cela signe la fin d'une génération. D'une équipe. D'un groupe. Valérie Nicolas, Stéphanie Cano, Véronique Pecqueux-Rolland et Isabelle Wendling vont arrêter la sélection, sans titre olympique.
Après leur défaite surprise face à la Chine (21-18), dimanche lors du dernier match de la phase de poules, les joueuses d'Olivier Krumbholz étaient attendues au tournant contre la machine russe. Si peu imaginaient un tel scénario, nombreux espéraient tout de même une réaction d'orgueil, histoire de sortir la tête haute. Grâce à leur début de match tonitruant, les partenaires de Sophie Herbrecht (Photo Reuters) ont bousculé leurs adversaires, surprises et incapables de réagir sur le coup. Opposées à une défense tricolore agressive et très appliquée, les Russes ont mis de longues minutes à trouver des solutions. Ce dont Mariama Signate et consorts ont profité pour prendre de l'avance au premier quart d'heure (10-6). Grâce à Valérie Nicolas notamment, impeccable sur sa ligne, et une bonne alternance entre jeu posé et contre-attaques rapides, les Bleues ont conservé leur avantage jusqu'à la pause (16-12). Mais le plus dur restait à faire.
Un but refusé à Raphaëlle Tervel, le tournant
En seconde période, le rythme s'est accéléré, l'entraîneur russe Evgeny Trefilov ayant sans doute rappelé ses joueuses à l'ordre dans les vestiaires. Une remontée de bretelles suffisante pour permettre à son équipe de revenir dans le droit chemin. Pas assez en revanche pour déborder une équipe de France concentrée, opportuniste et réaliste, à l'image d'Isabelle Wendling, au four et au moulin, aussi bien en défense qu'en attaque, à l'occasion. Battues à sept reprises lors de leurs sept dernières confrontations face aux Russes, les Françaises ont longtemps gardé l'avantage avant que les Russes n'arrachent l'égalisation et la prolongation.
Irrespirable, insoutenable, la tension est alors montée encore d'un cran pour atteindre son paroxysme dans dix minutes de combat supplémentaire. Toujours devant, les Bleues ont eu une première occasion de conclure. Excentrée sur le côté gauche, Raphaëlle Tervel trompait d'un lob astucieux Maria Sidorova, plantée au sol (29-28). La France allait gagner, c'était sûr, il ne restait plus que dix secondes à jouer. Mais les arbitres en ont décidé autrement et ont refusé le but pour un tirage de maillot peu évident de Sophie Herbrecht dans l'action. Tout était donc à refaire, dans la deuxième prolongation. Encore une fois, les Françaises ont fait la course en tête jusqu'à ce qu'Alexandra Lacrabère et Sophie Herbrecht ne se procurent deux nouvelles occasions de tuer le match, en contre-attaque. Deux face à face remportés cette fois par Sidorova. La chance était passée. - H.S

