Le président de la Fédération française handisport, Gérard Masson, qui espère que la France «restera dans le Top 10 des nations» aux jeux Paralympiques de Pékin (6-17 septembre), estime que les athlètes chinois «font très peur» et vont «perturber le classement» mondial.
«Quel est l'objectif de l'équipe de France handisport à Pékin ?
Que nos athlètes donnent le meilleur d'eux-mêmes et se sentent bien. Ils sont quand même très stressés, on sent une forte pression. Il faut dire qu'ils ont eu le maximum de ce qu'on pouvait leur donner en entraînement, en compétition, en stage, etc. Ils sont "à fond la caisse". Ils savent que les valides sont passés devant et on fait un beau résultat (40 médailles, NDLR). Ils savent que le challenge chez eux est au minimum de 60 médailles. Il y a des chances de médailles partout, surtout en athlétisme et en tennis de table. Ce qui me plairait, c'est qu'on reste dans le Top 10 des nations (la France était 9e à Athènes-2004). Etre ambitieux, ce serait dépasser les 70 médailles.
Les Chinois sont-ils intouchables ?
Les Chinois font très peur parce qu'ils sont hyper entraînés, hyper combattants, parce que leur pays les attend de la même façon que pour les Jeux valides et leur a donné les mêmes objectifs: être les premiers et ils le seront. Les Chinois vont perturber le classement en faisant perdre des médailles d'or aux autres nations, ils vont tellement faire une razzia ! Ils n'y vont pas pour chercher des médailles d'argent. Même en tennis de table où on est pourtant très, très forts, on y va en challenger de la Chine.
Qu'attendez-vous de ces Jeux pour le handisport français ?
La Fédération handisport attend de ces Jeux des adhérents. Il est clair qu'on a besoin de ces Jeux-là . C'est un moyen de faire connaître le handisport de compétition mais surtout de loisir. Ce qui m'intéresse peut-être le plus, c'est qu'un père ou qu'une mère voie ces Jeux et se dise "tiens, mon fils, mon neveu qui est handicapé, pourquoi il ne ferait pas du sport ?". Aujourd'hui, entre 25.000 et 30.000 handicapés sont adhérents dans 900 clubs, dont 4.000 font de la compétition. Cela veut dire que seulement 1% de la population handicapée fait du sport, contre 16% chez les valides. Il reste de gros problèmes liés à l'accessibilité et aux transports. Mais à travers les Jeux et les médias, on est certain de toucher de futurs adhérents.» (Avec AFP)

