Retour en images sur les vingt dernières éditions du Tour d'Italie, qui ont vu triompher Bernard Hinault, Laurent Fignon, Miguel Indurain ou encore Marco Pantani. Le peloton s'élancera samedi de Seraing, en Belgique.

1985. Vainqueur du Giro en 1980 et 1982, Bernard Hinault vise la passe de trois au sein d'une équipe La Vie Claire comprenant notamment Greg LeMond. Le parcours est censé favoriser Francesco Moser, vainqueur l'année précédente devant Laurent Fignon, forfait. L'Italien doit absolument briller dans les contre-la-montre, sa spécialité, mais Hinault lui prend 53 secondes en 38 km, entre Capoue et Maddaloni. Le «Blaireau» gère ensuite son avance, malgré l'hostilité des tifosi. (Photo L'Equipe)
16 photos
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161985. Vainqueur du Giro en 1980 et 1982, Bernard Hinault vise la passe de trois au sein d'une équipe La Vie Claire comprenant notamment Greg LeMond. Le parcours est censé favoriser Francesco Moser, vainqueur l'année précédente devant Laurent Fignon, forfait. L'Italien doit absolument briller dans les contre-la-montre, sa spécialité, mais Hinault lui prend 53 secondes en 38 km, entre Capoue et Maddaloni. Le «Blaireau» gère ensuite son avance, malgré l'hostilité des tifosi. (Photo L'Equipe)
161987. Greg LeMond victime d'un accident de chasse, la course promet un duel entre Stephen Roche et Roberto Visentini. Et la rivalité va vite tourner à l'affrontement haineux entre les deux coéquipiers de l'équipe Carrera, jusqu'à l 'abandon de l'Italien, blessé au poignet droit après une chute. Roche, aussi à l'aise en montagne qu'en contre-la-montre, s'impose avec 1'27'' sur Robert Millar avant d'enchaîner avec le Tour de France et le Championnat du monde. (Photo L'Equipe)
161988. Jean-François Bernard est bien décidé à s'imposer, pour sa deuxième tentative. Sa démonstration de force, dans la 8e étape entre Avezzano et Chianciano Terme, en fait le grand favori. Mais ses rêves s'envolent dans l'ascension du Monte Gavia (2621 m), suivie de la descente vers Bormio, rendue dantesque par les conditions météo. L'Américain Andrew Hampsten, dont l'équipe s'est mieux organisée pour lutter contre le froid, prend le maillot rose et gagne le Giro, se posant en successeur possible de Greg LeMond, vainqueur du Tour de France en 1986. De son côté, Bernard abandonne au lendemain de la 17e étape, à la suite d'une lourde chute. (Photo L'Equipe)
161989. Handicapé par des ennuis de santé depuis quatre ans, Laurent Fignon profite de son retour en forme pour inscrire son nom au palmarès du Giro. Le Parisien résiste à Erik Breukink dans la première étape des Dolomites enneigées avant de porter l'estocade dans l'ascension du col de la Marmolada. Au lendemain d'une alerte dans le contre-la-montre en montagne de 10 km, Fignon s'impose à La Spezia et assure sa victoire. (Photo L'Equipe)
161990. Gianni Bugno (en photo aux côtés d'Alan Peiper), désigné leader du cyclisme italien, frappe un grand coup en s'emparant du maillot rose dès le prologue. Il enfonce le clou sur les pentes du Vésuve, et plus encore dans l'ascension du nid d'aigle de Vallombrosa. Laurent Fignon, blessé dans une chute collective survenue dès la 5e étape, renonce à défendre son titre jusqu'au bout. L'honneur français est sauvé par Charly Mottet, deuxième du classement général et premier au sommet du Pordoï, et Eric Boyer, vainqueur de deux étapes. (Photo L'Equipe)
161992. Fort d'un nouveau statut depuis sa victoire dans le Tour de France l'été précédent, Miguel Indurain impose sa loi sur le Giro. En rose dès la 3e étape, il assomme ses adversaires, Claudio Chiappucci en tête, dans les contre-la-montre et pare leurs attaques en montagne (sur la photo, il est aux côtés de Franco Chioccioli, 3e à l'arrivée). Il est le premier Espagnol à remporter l'épreuve et récidivera en 1993. (Photo L'Equipe)
161994. Indurain compte toujours sur les contre-la-montre pour creuser des écarts et ne s'inquiète pas quand Evgueni Berzin (en rose sur la photo), un jeune Russe (24 ans), lui prend plus d'une minute sur les pentes conduisant à Campitello Matese. Mais Berzin rappelle à l'Espagnol qu'il est un ancien champion du monde de poursuite en le battant de 2'34'' sur les 44 km séparant Grosseto de Follonica. Indurain joue son va-tout dans les Dolomites, entre Merano et Aprica. Mais Berzin, un moment relégué à 2 minutes, refait une partie de son retard et prouve qu'il est bien le plus fort. Au général, il devance un nouvel espoir italien, Marco Pantani. (Photo L'Equipe)
161995. A la manière d'un Indurain, Tony Rominger fait parler ses qualités de rouleur et prend le maillot rose dès la 2e étape, un contre-la-montre de 19 km entre Foligno et Assise. Il s'offre ensuite un succès de prestige à Loreto et contrôle ses dauphins Evgueni Berzin et Piotr Ugrumov en montagne, avant de conforter sa première place dans le contre-la-montre suivant. Il s'impose avec 4'13'' d'avance sur le Russe. (Photo L'Equipe)
161997. Privée de Marco Pantani, poussé à la chute par un chat, et de Claudio Chiappucci, interdit de départ en raison d'un taux hématocrite trop élevé, l'Italie se console avec la victoire d'Ivan Gotti. Les grands noms se réservant pour le Tour de France (Riis, Ullrich, Virenque, Olano), Pavel Tonkov, Evgueni Berzin et Luc Leblanc font figure de favoris. Mais Berzin connaît une défaillance dans le Terminillo. Attentiste depuis le départ, Gotti profite du duel opposant Tonkov à Leblanc pour attaquer dans le col du Pantalicon. Le sort du Giro est scellé. Gotti doublera la mise en 1999, à la faveur de la mise hors course de Marco Pantani. (Photo AFP)
161998. Pantani met fin à la malédiction qui semble s'acharner sur lui en enlevant le Giro puis le Tour de France. Deux semaines après le départ de Nice, Alex Zülle, double vainqueur de la Vuelta, a la course en main (2'02'' d'avance sur Pavel Tonkov, 3'48'' sur Marco Pantani). Le Suisse vient ainsi de dominer de la tête et des épaules le contre-la-montre de Trieste (40 km). Mais la Marmolada, la première pente des Dolomites, marque le réveil du «Pirate». L'attaque de Pantani fait lâcher prise à Tonkov et surtout Zülle et il enfile le maillot rose à Val Gardena. Il poursuit son effort durant trois jours et compte 1'28'' d'avance sur Tonkov avant le contre-la-montre final. Le Russe est un bien meilleur rouleur mais les forces laissées dans les batailles en montagne l'empêchent de reprendre la main. (Photo AFP)
162000. Un an après le cauchemar de Madonna di Campiglio, où il a été interdit de départ en raison d'un taux hématocrite trop élevé, alors qu'il avait course gagnée à deux jours de l'arrivée à Milan, Pantani crée la surprise. Il participe à la bénédiction papale, la veille du départ du Giro, alors qu'il n'a plus couru depuis un an et vient d'être mis en examen pour «fraude sportive» en raison des soupçons de dopage planant sur lui. Il tiendra jusqu'au bout, par orgueil, réalisant un grand numéro dans l'Izoard, où il permet à son jeune coéquipier Stefano Garzelli de rester dans le sillage de Gilberto Simoni et de rester en rose jusqu'au bout, avec 1'27'' d'avance sur Stefano Casagrande. Le «Piratino» enlève l'épreuve à 26 ans, après une victoire à Pratonevoso et un excellent contre-la-montre entre Briançon et Sestrière (34 km) mais reste dans l'ombre de Pantani aux yeux du public. (Photo L'Equipe)
162001. Trois ans après le Tour de France, le Giro se heurte de plein fouet au dopage. Les soupçons se portent sur Gilberto Simoni, 2e du contre-la-montre malgré ses qualités de grimpeur, alors que Marco Pantani, amer, ne peut plus rivaliser avec les meilleurs. Le 6 juin à San Remo, les policiers de la Nas fouillent les hôtels des coureurs à la recherche de produits dopants. Et Dario Frigo, 2e du général à 15'' de Simoni, quitte la course après avoir reconnu détenir un produit interdit. L'étape alpestre suivante, la plus attendue, est annulée mais le Giro rallie quand même Milan. Simoni, 3e en 1999 et 2000, s'impose avec 7'31'' d'avance sur Abraham Olano. (Photo L'Equipe)
162002. Le dopage frappe encore. Stefano Garzelli est contrôlé positif à la probénécide, un diurétique, alors qu'il porte le maillot rose. Giorgio Squinzi, patron de la Mapei, lui demande de poursuivre l'épreuve jusqu'à la contre-expertise, avant d'annoncer son retrait du peloton en fin de saison. Puis c'est au tour de Gilberto Simoni d'être positif à la cocaïne. Invoquant une anesthésie chez le dentiste, puis des caramels, il gagne encore une étape avant de se retirer et d'être blanchi par sa Fédération quelques mois plus tard ! Et Francesco Casagrande, son principal rival, est exclu pour violence sur le Colombien Freddy Garcia. L'Australien Cadel Evans est en rose avant les Dolomites. Paolo Savoldelli s'octroie le Giro à la faveur d'une attaque dans la montée de Folgaria. Tyler Hamilton finit 2e à 1'41''. (Photo L'Equipe)
162003. Gilberto Simoni évacue le mauvais souvenir de 2002 en s'imposant pour la deuxième fois, avec maîtrise. L'Italien triomphe dans trois des cinq arrivées en altitude, au Zoncolan, à l'Alpe de Pampeago et à la Cascate del Toce. Il sait aussi conserver son équilibre dans la descente du Sampeyre, quand Stefano Garzelli se retrouve au tapis. Il y aura 7'06'' d'écart entre les deux hommes à l'arrivée à Milan. (Photo AFP)
162004. Gilberto Simoni s'imagine déjà réaliser la passe de trois mais il est victime de l'un de ses jeunes équipiers de la Saeco, Damiano Cunego. Le jeune coureur de 22 ans se contente de suivre son leader, avant de profiter du marquage de son leader par Yaroslav Popovych pour prendre le maillot rose. Il conserve l'avantage jusqu'au bout, à la grande colère de Simoni. Quelques mois après le décès de Pantani, l'Italie pense avoir trouvé son successeur. Cunego s'impose avec 2'02'' d'avance sur Serhyi Honchar, roi des contre-la-montre. (Photo L'Equipe)
162005. Un an plus tard, Gilberto Simoni n'a plus à se soucier de Damiano Cunego. Le jeune coureur partage toujours son équipe, la Lampre, mais ne peut défendre son titre, vaincu par une mononucléose (18e). Il bénéficie aussi du manque de régularité de deux autres favoris, Ivan Basso (28e) et Danilo Di Luca (4e). Mais il est victime, pour 28 secondes, de la résurrection de Paolo Savoldelli, miraculé après avoir été percuté par un motard deux ans plus tôt, et qui peut compter sur la force collective de la Discovery Channel. Deux mois plus tard, il redeviendra gregario de Lance Armstrong dans le Tour de France. (Photo L'Equipe)
































