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L'Equipe du Jeudi 12 Aout 2004 Retourner au sommaire Télécharger l'édition complète en pdf Télécharger Acrobat Reader
 

 
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LISTE DES ARTICLES
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« Ce n’était pas son année »
Les malheurs de Marc
Les principaux athlètes français absents aux Jeux
Raquil, la blessure de trop
Frayeur pour Baala
Edwards devant le TAS


Les malheurs de Marc

Depuis les Mondiaux 2003 qui en ont fait une star, Raquil a collectionné les pépins physiques

et les rendez-vous manqués.

« SOIS HEUREUX de pouvoir courir ! », lance Marc Raquil à son pote Leslie Djhone. La saison en plein air débute à peine. Les « jumeaux » du 400 m effectuent un stage très humide en Guadeloupe. Malgré les pluies tropicales qui inondent les Antilles, ils s’entraînent chaque jour, soit sur la plage de la Caravelle qui jouxte leur hôtel de Sainte-Anne, soit sur la piste de Gosier.

L’un suit scrupuleusement les plans d’entraînement établis par leur coach, François Pépin, c’est Leslie Djhone. L’autre court seulement après le temps perdu, c’est Marc Raquil. Les deux vice-champions du monde du 4 × 400 m ne pratiquent déjà plus tout à fait le même sport. Raquil a encore besoin de se débarrasser de quelques kilos superflus et se remet lentement d’une double entorse à la cheville gauche qui a pourri un hiver passé à boiter.

La faute à pas de chance ? Raquil se dit effectivement que la poisse s’acharne sur son corps meurtri. Mais le médaillé de bronze mondial du tour de piste paie sans doute ses semaines de nouvelle vedette « multicartes ». Dans la foulée des Mondiaux 2003, il a été happé par le star system et n’a pas su faire le tri dans ses cartons d’invitation. Télés, radios, soirées mondaines… François Pépin ne lui en veut pas.

« Finalement, il a peut-être réussi le coup de sa carrière aux Championnats du monde, alors il aurait eu tort de ne pas savourer, assure l’entraîneur lors de ce fameux stage en Guadeloupe. À sa place, j’aurais sans doute fait la même chose. » Le plus médiatique des médaillés mondiaux a tellement souffert à l’entraînement qu’il a fini par reconnaître son erreur.

La peur de ne pas être

à la hauteur

Lancé dans une course contre la montre, Raquil a été un pensionnaire assidu du centre européen de rééducation du sportif (CERS) de Boulouris, qu’il a fréquenté en janvier pour se régénérer, mais aussi début juillet pour soigner une hanche douloureuse. Sa double entorse à la cheville gauche a été à l’origine d’autres ennuis physiques, plus ou moins sérieux. Mardi, c’est une lésion musculaire au mollet gauche qui l’a contraint à tirer un trait sur les Jeux d’Athènes. Fin juillet, une première lésion aux adducteurs avait déjà remis en question sa participation au 400 m individuel et l’avait même conduit chez le professeur Gérard Saillant. Pour protéger sa cheville très sensible, qu’il avait d’ailleurs bandée lors des séries des Championnats de France, il a beaucoup plus sollicité, et donc fragilisé, d’autres parties de son corps. « Je suis en cristal », répétait-il le mois dernier.

Même s’il a pris « des raccourcis » à l’entraînement selon l’expression favorite de Pépin, Raquil n’a pu faire l’économie de séances dures qui ont endommagé une mécanique fragile.

L’an passé, à moins de deux mois des Mondiaux, il avait été victime d’une déchirure à la cuisse gauche, mais ne s’était pas plus inquiété que ça. L’important travail foncier auquel il s’était soumis quelques mois plus tôt l’avait aidé à se relancer. Cette année, il n’a pas cet acquis et chaque blessure l’a complètement déstabilisé. Parfois, il s’est aussi un peu caché derrière ses douleurs. Le 28 juin à Strasbourg, puis le 23 juillet à Saint-Denis, où il était l’une des têtes d’affiche du meeting Golden League, il a déclaré forfait au tout dernier moment, trahi par son corps et rattrapé par la peur de n’être que l’ombre du Raquil flamboyant de Paris 2003. C’est en catimini, sur son stade fétiche de Nogent-sur-Marne, qu’il a bouclé, le 20 juin, son premier 400 m de l’année (46’’73).

À l’entraînement, Pépin ne s’est pas toujours servi de son chrono quand Raquil était en piste, histoire de ne pas écorcher un peu plus le moral de son protégé. « La question est de savoir si Marc a une grosse envie ou pas, déclarait Pépin il y a une quinzaine de jours. Je suis prêt à établir une stratégie à la desperado pour les Jeux. Il faut maintenant que le moral se rétablisse. » Même s’il ne l’avouera pas, Raquil a sans doute pris un coup sur la tête en apprenant dimanche dernier que Djhone avait amélioré le record de France du 400 m (44’’64).

PHILIPPE LYONNET