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L'Equipe du Jeudi 12 Aout 2004 Retourner au sommaire Télécharger l'édition complète en pdf Télécharger Acrobat Reader
 

 
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La Grèce s’est saignée
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Le privé à la rescousse ?


Le privé à la rescousse ?

Le gouvernement grec espère céder au secteur privé la majeure partie

des installations construites pour accueillir les JO.

ATHÈNES

de notre correspondant

« IL FAUDRA BIEN qu’après les Jeux quelqu’un s’occupe de ces équipements et fasse en sorte que tout cet argent investi ne parte pas en fumée. » La mise en garde est signée Fanni Palli-Petralia, ministre adjoint à la Culture chargée des préparatifs olympiques, et connue pour avoir tenté d’apporter, lors de sa prise de fonction en mars, un peu plus de transparence au financement des grands travaux liés aux Jeux. Il y a quelques jours, la société de notation Standard & Poors déplorait d’ailleurs le recours massif à l’emprunt public effectué par les Grecs pour financer ces travaux – d’un coût total de 1,6 milliard d’euros – et l’absence d’investisseurs privés (à l’exception du stade de football de Karaïskaki) dans le grand effort d’équipement entrepris par Athènes. Dans quinze jours, une question se posera donc : que fera Athènes de ce gigantesque parc olympique, constitué de vingt nouvelles installations et de cinq autres préexistantes rénovées, une fois le rideau de la cérémonie de clôture retombé ?

Les constructions non sportives semblent poser le moins de problèmes. Il est prévu de transformer le centre de presse en bureaux commerciaux, alors que les résidences du village olympique accueilleront des employés du ministère du Travail. Le gouvernement compte dégager de ces opérations un profit de l’ordre de 300 millions d’euros.

Le sort des équipements sportifs – dont le coût annuel d’entretien s’élève à 17 millions d’euros pour le complexe olympique, 11 pour le stade de la Paix et de l’Amitié, 3 pour la marina d’Agios Kosmas… – apparaît en revanche plus incertain. Si les installations du principal complexe de Maroussi et du stade de la Paix et de l’Amitié de Faliro, qui existaient avant les Jeux, devraient conserver leur statut de société mixte, l’État tentera de se désengager d’installations comme la marina de voile d’Agios Kosmas, qui intéresserait des promoteurs immobiliers du secteur du tourisme. Le parcours du slalom du canoë-kayak d’Elliniko pourrait être transformé en parc aquatique. Le gymnase de Faliro (taekwondo) aurait un avenir comme salle de spectacle. Le gouvernement n’exclut pas non plus de saucissonner certains équipements, laissant entendre que les espaces de bureaux et de restauration des salles d’haltérophilie (Nikaïa), de judo (Ano Liossia) et de tennis de table (Galatsi) pourraient être cédés à des investisseurs privés. Le Premier ministre grec Costas Caramanlis avait beau affirmé récemment dans nos colonnes que « les installations avaient été pensées pour s’intégrer dans leur environnement », certaines comme celles d’Elliniko accueillant le hockey, le base-ball et le softball vont tout bonnement être démolies.

LOUIS CHENAILLE