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CYCLISME TOUR DE L’AIN
Cruz pour patienter
Le coéquipier d’Armstrong s’est imposé hier. Et Pineau saura ce soir s’il peut remporter l’épreuve.
OYONNAX – de notre envoyée spéciale
EN FRANCHISSANT la ligne d’arrivée, son visage s’est illuminé. Ouvrier de l’ombre aux côtés de George Hincapie sur les classiques, Antonio Cruz n’a pas souvent l’occasion de jouer sa carte personnelle. Alors, hier, lorsqu’il s’est imposé au sprint, le coureur de l’US Postal a savouré l’instant. « C’est ma première victoire en Europe », expliquait l’Américain, lauréat de deux courses – hors UCI – aux États-Unis en juillet. Ami de longue date de Lance Armstrong – les deux hommes se connaissent depuis une quinzaine d’années –, Antonio Cruz, trente-trois ans, a rejoint l’US Postal en 2001 après avoir disputé les Jeux Olympiques de Sydney avec Armstrong, Hincapie et Hamilton. Et jusqu’à hier, Cruz – appelé au dernier moment pour remplacer Rubiera – ne comptait qu’une seule victoire, une étape du Tour de Langkawi en 2000 sous le maillot Saturn lors de sa première année chez les Élite 1. Le coéquipier d’Armstrong s’est imposé hier devant le jeune Néerlandais de Rabobank Espoirs, Theo Eltink et… Jérôme Pineau, le maillot jaune. Leader après sa victoire d’étape lundi à Bourg-en-Bresse, le coureur de Brioches La Boulangère a ainsi grappillé 4’’ de bonifications, au terme d’une étape au scénario idéal pour lui. À la faveur de la première bosse de la journée, la côte de Bettant (km 3), sous l’impulsion de Sylvain Calzati, Didier Rous – pour protéger son leader Pineau – et David Moncoutié – revanchard après avoir loupé le bon coup la veille – rejoints par Pablo Lastras étaient sortis du peloton. « Je n’avais pas prémédité mon attaque mais j’ai vu que tout le monde était sur la réserve », expliquait Calzati, contraint de lâcher dans la dernière côte (km 113) en raison de crampes. Les trois autres étaient repris à l’entame du dernier tour de circuit (à onze kilomètres du but). Puis, lorsque le peloton avait avalé Renier à 1 500 mètres de la ligne – le coureur de Brioches avait contré Vasseur –, le sprint était devenu inéluctable. « Le bilan de la journée est très satisfaisant, confiait Pineau. Avec Didier devant, nous n’avons pas eu à rouler et mes premiers adversaires au classement ne m’ont pas attaqué. » Comme prévu, le Tour de l’Ain devrait donc se jouer, aujourd’hui, dans l’étape de montagne, coupée cette année en deux : 83,5 km le matin avec une côte de 2e catégorie et deux de 3e catégorie, puis 66,5 km l’après-midi avec le traditionnel col de Menthières (1re catégorie). « Soixante kilomètres avec un col long, ça va être nerveux, prédit Pineau. Le col de Menthières est dur au pied et après c’est assez roulant. Si au pied, j’ai les mêmes sensations que sur les étapes de montagne du Tour, je ne me ferai pas de soucis. Sinon, ça sera une autre histoire. Moi j’aime bien lorsque les côtes s’enchaînent et, là, c’est une montée sèche. » Jérôme Pineau redoute aussi particulièrement José Azevedo. « S’il est aussi fort qu’aujourd’hui – le Portugais de l’US Postal a vissé au dernier passage de la côte d’Ijean à 5 kilomètres de l’arrivée –, il n’y aura rien à faire. » Le leader du Tour de l’Ain dispose toutefois d’un petit matelas – 2’42’’ – sur Azevedo, 5e du Tour. En revanche, le grimpeur espagnol des Îles Baléares-Banesto, Unai Osa ne pointe qu’à 56’’...
BARBARA RUMPUS
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