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BATEAUX SOLITAIRE DU « FIGARO »
Peur de rien
Partis hier midi en direction de Quiberon, les 57 skippers étaient prêts à affronter les vents forts de cette dernière étape.
GIJON – (ESP) de notre envoyé spécial
« C’EST UNE BONNE DÉCISION, soulignait hier l’Anglaise Samantha Davies (Skandia) à l’énoncé de la modification du parcours de la 4e et dernière étape de la Solitaire du Figaro entre Gijon (Espagne) et Quiberon (lire par ailleurs). J’espère que tout le monde a bien compris que la sécurité prime. » Analyse identique pour Arnaud Boissières (Région-Aquitaine), avec un iota qu’il n’est pas le seul à partager : « De toute façon, ce sera dur pour tout le monde. Mais je trouve qu’on demande trop leur avis aux coureurs. » Quid alors de la tempête et des creux de 3 mètres prévus sur la route ? « On ne part pas pour le Vendée Globe ! rigole Gildas Morvan (Cercle-Vert), avant d’aller motiver son copain Charles Caudrelier, leader et vainqueur annoncé. Il y aura du vent, c’est sûr ; mais du portant tout le temps. Cela devrait aller. Il suffit de savoir affaler au bon moment. Le Championnat du monde de la pétole, ça suffit. »
Ne pas abîmer le bateau
Le Vendée Globe, Bertrand de Broc l’a couru deux fois et il préférait relativiser : « Nous n’avons pas des 60-pieds : il faut donc rester humble et prudent. Le seul problème, c’est la fatigue car 24 heures à la barre, c’est usant, et à la moindre faiblesse, le bateau se couche. » Quant à Jeanne Grégoire (Banque-Populaire), 15e et première femme du général, elle était limite impatiente : « C’est un mélange d’excitation et d’angoisse. C’est pour cela que l’on navigue. Le classement, on l’oublie ; la priorité est de ne pas casser. » Et sur le ponton du port de Gijon, c’était ainsi pour tout le monde ! Les yeux brillaient et les mines se réjouissaient alors que le ciel présentait toute la collection automne-hiver des nuages au catalogue. Tandis qu’au large, le ciel gris foncé annonçait le pire, on ne pouvait s’empêcher de se poser la question : de quel métal sont fait les marins solitaires pour n’avoir peur de rien, si ce n’est d’abîmer leur bateau ? « Je n’ai jamais eu peur en mer, confie Erwan Tabarly (Thalès). J’ai eu des frayeurs très ponctuelles, du stress, mais c’est tout. » Idem pour le bizuth, Armel Tripon (Gedimat), vainqueur de la Transat 6.50 : « J’ai dû me faire peur une seule fois, mais en croisière au large du cap Corse. En course, je ne connais pas encore mes limites. Cette étape, on l’attend depuis longtemps. Ça va être une expérience enrichissante. » Armel Le Cléac’h (Foncia-TBS) était encore plus clair : « Je n’ai jamais eu peur en mer. Avoir peur, c’est se laisser dépasser par les événements. » FRANÇOIS MOUSIS
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