|
|
« Lundi, je déciderai »
EUNICE BARBER, convalescente depuis sa blessure contractée début juillet, n’a pas tranché pour sa participation aux Jeux. Ils l’attendaient tous hier pour la photo de famille au Centre national du rugby à Marcoussis. Mais elle est arrivée trop tard, comme sa copine Christine Arron. Plus tôt dans la matinée, Eunice Barber avait rencontré le directeur technique national, Robert Poirier, sur le stade d’Évry où la double médaillée mondiale 2003 se pliait à une séance de sprint sous l’œil d’un de ses coaches Claude Monot. L’entrevue à trois a duré une « petite demi-heure », selon Robert Poirier qui garda bouche cousue jusqu’au bout : « Elle vous dira tout elle-même. » Vers 12 h 30, chapeau blanc sur tresses mauve et bleu, Barber s’est assise sur un petit banc à l’ombre. Histoire de faire le point. Ira-t-elle à Athènes ? Doublera-t-elle heptathlon et longueur ? Elle tranchera le 16 août. « ALLEZ-VOUS participer aux Jeux d’Athènes ? – Je n’ai pas encore pris de décision. Si je me sens prête, si je me sens capable de pouvoir donner le meilleur de moi-même, je fais les Jeux. Sinon je n’y vais pas. – Savez-vous au moins quand vous déciderez de votre participation ou non à ces JO ? – Oui, ce sera lundi, le 16 août, que je déciderai (l’heptathlon aura lieu les 20 et 21 août ; la longueur les 25 et 27 août). Ce jour-là, je donnerai ma réponse définitive au DTN et le lendemain, j’en informerai la presse. Ce qui est sûr, c’est que je ne pars pas à Athènes demain (aujourd’hui) avec les autres (lire par ailleurs). – Pensez-vous toujours doubler heptathlon et longueur à Athènes ? – Je vais voir. Pour l’instant, je vous le répète, rien n’a été décidé. Je pense avoir la capacité de faire les deux mais il faut encore attendre pour en être certain. Ce que je sais, c’est que je ne veux pas aller aux Jeux pour aller aux Jeux. À Athènes, ce seront mes quatrièmes Jeux Olympiques et je ne fais pas partie des athlètes qui iront là-bas pour les distractions ou l’ambiance. Si j’y vais, c’est pour gagner la médaille d’or dans les épreuves où je m’engage. Le reste, ça ne m’intéresse pas. – Claude Monot a laissé entendre que vous pourriez envisager de débuter l’heptathlon, quitte à abandonner ensuite, pour vous préparer au concours de la longueur… – Il a dit ça oui mais moi je n’ai pas envie de ça. Si je prends le départ de l’heptathlon, c’est pour le finir. C’est pour cette raison que je veux être sûre que je ne vais pas m’arrêter en cours de route.
« Le plus difficile, c’est peut-être les haies »
– Vous n’êtes pas plus inquiète que ça ? – Je me prépare toujours pour mes objectifs, je fais des séances qui se passent de mieux en mieux. Je suis très sereine. Je ne m’inquiète pas. En ce moment, je vis au jour le jour. Ma blessure (tendinite à l’ischio-jambier droit), qui était très grave, guérit petit à petit même si ce n’est pas évident parce que je dois m’entraîner dur chaque jour. J’ai moins peur de réveiller la blessure que d’en créer une autre en compensant. Mais ce qui me gêne le plus aujourd’hui, ce sont les courbatures. – Vous n’avez fait que deux sorties cette année. Fin février en salle à Liévin (4e de la longueur), puis début avril à Los Angeles (4e du poids). Ce manque de compétition peut-il être un problème pour vous ? – Non, pas du tout. Je ne suis pas quelqu’un qui se pose ce genre de questions. Quand je fais une compétition, c’est à fond, sans arrière-pensées. Quand je fais quelque chose, je suis optimiste jusqu’au bout. Je suis comme ça. – Vous deviez effectuer mardi une séance déterminante pour la suite. Comment cela s’est-il passé ? – C’est vrai que c’était une séance test. J’ai fait du sprint à l’INSEP, des étirements et ça allait. Ce matin (hier à Évry), ça allait aussi. En ce moment, je fais beaucoup d’éducatifs. Je fais aussi beaucoup de lancers, du javelot, du poids et de l’endurance. Le plus difficile, c’est peut-être les haies. Je varie au maximum. – Et la longueur ? – Aussi, chaque jour. – Tenez-vous informé régulièrement Bob Kersee de votre état de forme ? – Oui, bien sûr. Je l’ai encore eu au téléphone hier soir (mardi). – Mais il devait venir vous voir en France à Nice et il n’est jamais venu. Et en ce moment, il est en Crète avec l’équipe américaine (*)… - Oui, mais ce n’est pas un problème. Il fait ça pour l’amour du sport. D’ailleurs, il va venir me voir à Paris en fin de semaine. Si je vais à Athènes, ce sera avec Claude Monot et Bob Kersee. Comme à Paris l’an dernier.
FRÉDÉRIC BERNES
(*) Bob Kersee est également le coach des Américaines Joanna Hayes (100 m haies) et Sheena Johnson (400 m haies) qui seront aux Jeux.
|