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L'Equipe du Jeudi 12 Aout 2004 Retourner au sommaire Télécharger l'édition complète en pdf Télécharger Acrobat Reader
 

 
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LISTE DES ARTICLES
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J – 1
Le programme revisité
Moins dur que prévu
Manaudou gênée à l’épaule
Une vingtaine d’AUT pour les Français
« Lundi, je déciderai »
Comment les athlètes vont se soigner
Ils s’envolent pour Athènes


SANTÉ

Comment les athlètes vont se soigner

Les sportifs sous traitement devront respecter à Athènes la nouvelle réglementation des AUT.

ATHÈNES

de notre envoyé spécial

ENTRÉ EN VIGUEUR à Athènes le 30 juillet dernier, le Code mondial antidopage comprend plusieurs standards d’harmonisation, dont celui, essentiel, des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT). Cette réglementation permettra aux athlètes malades d’utiliser dorénavant, dans un cadre strictement thérapeutique, toutes les substances figurant dans la liste interdite, « et donc de pratiquer leur discipline, sans avoir à faire les frais de la lutte contre les tricheurs ».

Ce processus, dont l’esprit est ainsi défini par le docteur Alain Garnier, directeur médical de l’Agence mondiale antidopage (AMA), soumet la délivrance de ces AUT à des conditions drastiques dont les plus importantes sont les suivantes : le sportif devra établir qu’il subira un préjudice de santé si la substance interdite ne lui est pas administrée ; l’usage de cette substance ne devra produire aucune amélioration de la performance ; il ne devra pas exister d’alternative thérapeutique autorisée pouvant se substituer aux substances interdites prescrites. Le feu vert ne lui sera attribué qu’à l’issue d’un long processus administratif et médical vérifiant toutes les conditions précitées dont la première étape – c’est une évidence – visera à établir la réalité des troubles dont il souffre, par le biais de tous les examens médicaux nécessaires au diagnostic. Bien entendu, l’exigence du comité destiné à délivrer les AUT (CAUT), constitué d’au moins trois médecins indépendants, variera selon la nature de la substance prescrite à l’athlète.

L’AMA a ainsi scindé le circuit d’attribution en deux axes distincts : le premier, abrégé, réservé aux autorisations concernant les substances utilisées pour des pathologies fréquentes (ex. : l’asthme), sera limité aux béta-2 agonistes utilisés par inhalation (salbutamol…) et aux corticoïdes par voie non systémique. Le second, très pointilleux, concernera toutes les autres substances.

L’AMA veillera

à la transparence

Bien entendu, la question épineuse de la composition des comités de délivrance des AUT est strictement établie par les standards mais n’est pas actuellement concrétisée, puisque les nations ne seront assujetties au Code mondial qu’en 2006.

Autre point fondamental : l’AMA aura la possibilité, à tout moment, de se saisir d’une décision de délivrance d’une AUT par un comité national ou international pour en réviser la décision. Elle pourra également être saisie par un athlète qui s’est vu refuser une AUT, et renverser la décision initiale. Enfin, pour en terminer avec les rouages disciplinaires, le Tribunal arbitral du sport sera habilité à trancher les litiges entre athlètes, agences nationales antidopage et AMA.

Concernant la France, la logique voudrait, en l’état, que le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD) hérite de la responsabilité du CAUT, même s’il s’est montré jusqu’alors assez critique dans ses commentaires réservés aux AUT. Dans un avis officiel rendu public le 11 février 2004, le CPLD souligne l’impossibilité actuelle pour une autorité publique d’appliquer le standard des AUT (publié au Journal officiel le 1er janvier 2004 avec la liste des produits interdits) tant qu’une convention – actuellement en cours de finalisation devant l’UNESCO – ne validera pas les relations entre l’État français et l’AMA, fondation de droit privé.

D’autres réserves ont été évoqués par le CPLD, présidé par Marc Sanson, qui vont des risques de surmédicalisation des athlètes jusqu’à la possibilité de délivrance d’AUT de complaisance dans certains pays (une AUT validée en Italie sera valable en France). Sans oublier de s’interroger sur le financement de ces procédures, appliquées en théorie à plusieurs millions de licenciés. Face a ces commentaires, Alain Garnier, en charge de la supervision de toutes les AUT à l’AMA, notamment durant les Jeux, précise que « Le Code laisse aux autorités publiques le droit de définir sur quelle population il entend appliquer ces règles. Concernant les autres remarques, je rappelle que l’AMA reçoit une copie de toutes les AUT délivrées et peut les réviser, ce qui empêchera toute dérive. Enfin, concernant la surmédicalisation des sportifs, l’argument n’est pas recevable. Ceux qui dénoncent ce risque devront avoir le courage de dire qu’il faut interdire le sport à tous les malades. Je pense que certains athlètes diabétiques, qui recevront une AUT pour une prescription d’insuline, apprécieront… »

DAMIEN RESSIOT