
Le Stade Français a arraché sa qualification pour la finale de la Coupe d'Europe, en battant Biarritz (20-17) à l'issue d'un étourdissant retournement de situation, conclu par un essai de Christophe Dominici au bout des arrêts de jeu, samedi au Parc des Princes à Paris. En finale, le 22 mai à Edimbourg, le Stade Français affrontera le vainqueur de l'autre demi-finale, qui opposera les Anglais de Leicester au Stade Toulousain, dimanche à Leicester.
Quel suspense ! Le Stade Français, mené de onze points (17-6) à l'entame du dernier quart d'heure, est parvenu à inscrire deux essais, pour se hisser en finale européenne pour la deuxième fois de son histoire. Les Biarrots, dominateurs, notamment au cours des quarante premières minutes, se sont contentés longtemps de la botte de Dimitri Yachvili, auteur de trois pénalités en première période, qui donnèrent un maigre avantage aux Basques (9-3) à la mi-temps.
«Si vous continuez à jouer comme cela, vous allez au devant d'une désillusion. Et nous avec», tonna Serge Blanco, président de la Ligue nationale, dans le vestiaire de «son» Biarritz Olympique, ouvert à l'indiscrétion d'une caméra de télévision. Le sombre présage est devenu cruelle réalité. Certes, les Biarrots ont continué un premier «temps fort» parisien, en début de seconde période, alors que le deuxième ligne Olivier Olibeau a purgé dix minutes d'exclusion temporaire (51e). Mieux ! Ils ont pris onze points d'avance après que Damien Traille a inscrit le seul essai basque de l'après-midi, au bout d'une course en solitaire de cinquante mètres.
Et Dominici a surgi...
Mais mené (17-6) après l'essai de Damien Traille (65e), le Stade Français s'est lancé donc dans une grande débauche de jeu. Et tout s'est enchaîné Jérôme Fillol, habituel demi de mêlée aligné à l'ouverture, s'est joué d'une pirouette magique de la défense biarrote, réduite à quatorze éléments à la suite de l'exclusion temporaire de Boussès (70e). Essai au pied des poteaux (73e). Et Paris est revenu à quatre longueurs (17-13). Dans la foulée, la troisième ligne de Biarritz, déjà orpheline de Thomas Lièvremont (69e), a perdu d'Imanol Harinordoquy (80+4e). Et Benoît August, habituel talonneur, s'est improvisé N.8. Mais il n'a pas la vitesse de course d'un troisième ligne. Et les espaces se sont ouvert ainsi dans la défense.
Armés de leur grande expérience des matches décisifs, les Parisiens ont flairé le point faible. Mike James a volé le dernier ballon en touche sur lancer adverse. La mêlée a confisqué l'ultime munition aux Basques. Et le Stade Français a baladé la défense biarrote d'un bout à l'autre du terrain.
Electron libre, Christophe Dominici a trouvé l'ouverture et s'est engouffré dans la défense biarrote, pour inscrire l'essai de la victoire. Un regard sur le chronomètre: 89e minute ! Temps réglementaire terminé depuis neuf minutes !
Le Stade Français, auteur des plus invraisemblables retournements de situations depuis son retour dans l'élite du rugby français au début de la saison 1997-98, est en finale de la Coupe d'Europe, pour la deuxième fois de son histoire. Bien décidé à effacer son échec face aux Anglais de Leicester en finale de l'édition 2001, au terme d'une fin de match (déjà ) étourdissante.

