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COUPES D'EUROPE

Finale - Munster-Stade Toulousain (16-13)

2007-2008
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LE MUNSTER À L'ANGLAISE
Par Aymeric MARCHAL, à Cardiff

Le Stade Toulousain s'est incliné en finale de Coupe d'Europe contre le Munster (16-13), à l'issue d'une rencontre serrée, qui laissera beaucoup de regrets. Mais trop de fautes et un manque de réalisme sont évidemment rédhibitoires à ce niveau.
Jean Bouilhou et les Toulousains ont tenté, en vain. (Reuters)
 
Jean Bouilhou et les Toulousains ont tenté, en vain. (Reuters)

Toulouse commence fort, mais ne marque pas

On avait promis l'enfer aux Toulousains face au Munster et à son armée rouge. Eh bien, les hommes de Guy Novès n'ont pas été déçus à leur entrée sur la pelouse. Les supporters irlandais n'étaient pas 40 ou 50 000 comme annoncé, mais au moins 60 000, voire plus, et ils n'ont laissé que quelques miettes à leurs homologues toulousains. Du coup le stade était presque encore plus rouge que lors de la finale du Tournoi des VI Nations qui avait sacré le pays de Galles. L'ambiance fut donc indescriptible, avec un bruit assourdissant à l'entrée des trente gladiateurs. Mais les "Rouge" sur le terrain avaient bien l'intention de calmer les ardeurs des "Rouge" dans les tribunes. D'entrée les Toulousains ont montré leurs envies de jouer, vite et sur la largeur, pour éviter autant que possible l'affrontement avec le rugueux pack adverse. Maîtres du ballon, ils ont franchement dominé les premières minutes, en se créant plusieurs occasions d'essai, sans toutefois concrétiser. Loin de la guerre de tranchée prévue, on assistait alors à une rencontre enlevée et spectaculaire, puisque les Irlandais avaient eux aussi décidé de tenter des coups, comme pour valider leur nouvelle philosophie de jeu, censée être plus ambitieuse avec le triangle sudiste derrière (Mafi-Tipoki-Howlett).

Précis sous les chandelles, intelligents dans l'alternance, agressifs en défense, les Rouge réalisaient une entame quasi parfaite, et ne laissaient que des miettes à leurs adversaires. Las, ils manquaient de réalisme, et seul un drop d'Elissalde donnait un court avantage, peu flatteur au vue de la physionomie du match. Il s'agissait alors de ne pas regretter ces points laissés en route, d'autant que les Munstermen commençaient à revenir dans le match, grâce à leurs bonnes vieilles méthodes : "on pilonne, on cache le ballon, on joue à dix. Et on se sert d'une énorme mêlée pour mettre la pression sur l'adversaire, à l'usure". Une tactique payante, qui a largement rééquilibré les débats. Mais la (grosse) différence, c'est que les Irlandais ont eux marqué sur leur temps fort, après plusieurs minutes passées dans les 22 mètres toulousains, par un essai de Leamy. Une pénalité de chaque côté ne changeait pas grand chose, et ce sont les Irlandais qui menaient à la pause.

Le Munster, inexorablement

Au retour des vestiaires, le Munster poursuivait son travail de sape en se concentrant sur la conquête, et réussissait d'abord à faire déjouer les Toulousains, en profitant aussi de leur maladresse en touche et de leur indiscipline, comme ce carton jaune stupide de Pelous. Les Irlandais semblaient avoir le match en mains, et la frustration commençait à poindre, jusqu'à l'inspiration de Heymans qui amenait l'essai de Donguy, et surtout l'égalisation. A quatorze, Toulouse s'était remis dans le bon sens, et offrait à un public finalement plutôt silencieux un final haletant. Les Haut-Garonnais étaient maintenant à leur tour dans un temps fort, mais encore une fois ils n'ont pas su en profiter, à l'image de ce mauvais choix d'Elissalde, qui choisit de jouer au pied alors qu'il y avait un surnombre au large. Ces petites erreurs se paient cash dans une finale de Coupe d'Europe, surtout contre une machine telle que le Munster. Imparablement, les Irlandais ont appuyé là où ça fait mal, ont pilonné sans cesse en gardant le ballon, et ont marqué à chaque occasion, usant de leur vice pour provoquer des fautes. Meilleurs dans le jeu au sol, comme prévu, les Irlandais ont finalement bien maîtrisé la rencontre. Toulouse a beaucoup trop plongé dans ce jeu qu'il connaît pourtant par coeur, et les trois points offerts bêtement à O'Gara (grosse faute de Pelous, puis dix mètres de plus pour contestation, ndlr) ont été finalement fatals. Toulouse a tenté, n'est pas passé loin, mais a fait quelques fautes de trop face à ces implacables Irlandais. Avec son jeu limité, stéréotypé mais très efficace, le Munster sait gagner ce genre de rencontre. Il n'a plus laissé la moindre occasion aux Toulousains, et remporte sa deuxième Coupe d'Europe. Toulouse perd un premier titre, il faudra maintenant être capable de se remobiliser pour le championnat. Mais ça, c'est une autre histoire.

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