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Demi-Finales : Clermont bat Perpignan (21-7)

Samedi 21 juin 2008 - Marseille
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CLERMONT ENVOIE UN MESSAGE
Par Aymeric MARCHAL, à Marseille

L'ASM est bien la favorite pour le titre de champion de France. En dominant largement Perpignan à Marseille (21-7), les Auvergnats ont frappé un grand coup et ont montré surtout qu'ils avaient retrouvé leur impressionnant niveau de jeu. Il faudra être fort pour les priver du Bouclier de Brennus, qui serait leur premier. Ils affronteront Toulouse ou le Stade Français.
Elvis Vermeulen, ici devant Planté, participera à la 9e finale de Clermont, samedi prochain. (L'Equipe)
 
Elvis Vermeulen, ici devant Planté, participera à la 9e finale de Clermont, samedi prochain. (L'Equipe)

Le Vélodrome en fête

Voilà l'été, enfin l'été ! En même temps que cette rengaine bienvenue, le Top 14 passait enfin à ses phases finales avec un premier choc très attendu entre Clermont et Perpignan. Le stade Vélodrome avait décidé de fêter dignement cet honneur, avec un soleil de plomb, une température caniculaire et des virages embrasés par des milliers de supporters jaunards ou sang et or. Le jeu flamboyant de l'ASM contre le rugby à l'ancienne de l'USAP, l'opposition de style était totale, elle fut criante d'entrée. A une percée de cinquante mètres de Baby, les Catalans ont répondu par une cocotte autour du vieux guerrier Porcu, parfait symbole de l'équipe. Très entreprenants, les Clermontois ont largement dominé le début de rencontre, profitant aussi de l'absence de David Marty, finalement forfait, pour passer souvent au coeur de la défense adverse. Le pressing, la vitesse, l'envie incessante de jouer des Auvergnats empêchaient tout simplement l'USAP de jouer au rugby, de voir le ballon, et surtout de se sortir de son camp. Après une démonstration de 10 minutes, il fallait quand même marquer, et Brock James s'en chargeait d'un drop imparable. Clermont assumait sans ciller son statut de favori, et avait pris le jeu à son compte, avec autorité.

Clermont en démonstration

Mais Perpignan connaissait très bien le scénario, et savait pertinemment qu'il faudrait d'abord faire le dos rond. Et le choix de Jacques Brunel de mettre six avants sur le banc en disait long sur la tactique catalane. Pour l'instant, ses hommes se contentaient donc de défendre et d'occuper le terrain au pied, bref d'attendre leurs adversaires. Mais face à des joueurs comme Nalaga, c'est dangereux, voire suicidaire, et Nicolas Laharrague peut en témoigner : sur une énième relance de Baby, la bombe fidjienne lui a collé un raffût d'école, aussi humiliant que spectaculaire pour aller planter son 17e essai de la saison, pour son... 16e match ! L'ASM avait fait le break, et c'était franchement mérité. Complètement étouffé, l'USAP n'existait pas, et aurait même pu encaisser bien plus que seize points dans cette première période à sens unique. On se posait des questions sur la fraîcheur des Auvergnats après une fin de saison moins flamboyante, leur réponse était cinglante et superbe.

Nalaga remet ça

Après quarante minutes à courir après le ballon et les maillots jaunes qui le portaient, les Catalans se trouvaient devant un problème quasi insoluble : comment remonter seize points et prendre le dessus sur la machine jaune et bleu, quasiment inarrêtable lorsqu'elle évolue à ce niveau. Au lieu de rendre systématiquement le ballon à un adversaire qui ne demande que ça, il leur fallait désormais le priver de munitions pour imposer leur jeu. Mais ils ont vite déchanté, et n'ont même pas eu le temps d'y croire. Comme souvent en première période, les Perpignanais ont commis trop de fautes, notamment des en-avants, signes de leur impuissance. Et aussi et surtout trop de plaquages manqués, comme sur cette touche rapidement jouée où Nalaga s'est encore amusé à distribuer des cartes de visite en passant avant de plonger une nouvelle fois dans l'en-but. La démonstration tournait à l'humiliation, et seuls des péchés de gourmandise (Baby par exemple) ont sauvé les Catalans d'une déroute encore plus lourde. Ensuite, la chaleur a commencé à marquer les organismes, le rythme est logiquement retombé et Clermont a laissé venir. Il y eut bien un beau sursaut d'orgueil de l'USAP pendant vingt minutes, récompensé par un essai de Laharrague pour l'honneur. Mais la messe était dite depuis longtemps, et Clermont pouvait déjà gérer pour préparer sa finale. Les Jaunards ont encore justifié la couleur de leur maillot, il ne leur reste plus qu'à vaincre le signe indien samedi prochain.

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