Si le XV de France s'est incliné à Cardiff contre le pays de Galles (29-12), Julien Malzieu est sans doute un des grands gagnants de cette rencontre, au-delà de la défaite. L'ailier clermontois a été l'un des meilleurs Tricolores, et il a sans doute marqué des points pour la suite. En attendant, il regrette que les Bleus n'aient pas su trouver la solution face à cette défense agressive, et reconnaît que le manque de repères au sein du XV de France n'a pas facilité les choses.
«Julien Malzieu, la défaite est lourde et un peu sévère, après un match tendu. Comment avez-vous vécu cette rencontre ?
Je suis très déçu. Il y a 9-9 quand on prend cet essai de Shane Williams et c'est le tournant du match. Si la passe arrive à Yannick Jauzion, on n'est pas loin de marquer nous-mêmes. Mais elle n'arrive pas, on prend un contre et un essai, et à partir de là le match bascule. On a la tête dans le seau et on n'arrive pas à revenir. On prend même un deuxième essai derrière, c'est dur. On a essayé de revenir, mais ils étaient vraiment très forts en défense, ne nous ont pas laissé espérer. On n'a peut-être pas assez insisté, on a peut-être aussi trop rendu le ballon pied, il faudra revoir tout ça.
Vous avez pourtant eu de bonnes périodes, et vous avez même l'avantage sur la possession du ballon. Que vous a-t-il manqué pour mettre à mal cette excellente défense galloise ?
Il nous manque des repères, je pense. C'est un groupe en construction. Là , il y a encore des nouveaux joueurs par rapport à la semaine dernière, donc forcément la cohésion n'est pas la même. Il y a des moments où on ne se trouve pas alors que les situations sont plutôt simples quand on est en club. Mais quand on ne se connaît pas, forcément, c'est plus difficile.
«On n'a sans doute pas assez utilisé le jeu au pied par-dessus le premier rideau défensif»
Comment jugez-vous cette équipe galloise, qui gagne logiquement le Grand Chelem en montrant de grosses qualités ?
C'est une équipe qui est très solide, notamment sur le premier rideau défensif. On n'a sans doute pas assez utilisé le jeu au pied par-dessus. Ils sont très forts physiquement, ils produisent un beau rugby. Ils ont fait le match qu'il fallait, en profitant aussi de nos erreurs, de nos fautes. Ils n'ont rien lâché, leur public les a bien soutenus, et on ne peut que les féliciter. Ils font le Grand Chelem, et c'est mérité.
A titre personnel on vous a senti très en jambe, et très en vue. Comment vous êtes-vous senti ?
J'ai eu quelques bons ballons, surtout en première période. J'ai un sentiment plutôt mitigé, et là , tout de suite après le match, je n'arrive pas à trop savoir si j'ai été bon ou pas. Il faudra que je revoie tout ça à la vidéo.
L'ambiance dans le Millennium était extraordinaire. Est-ce que ça vous a gêné, ou impressionné de jouer dans un tel stade ?
Je n'y pas trop fait attention, à part un peu pendant les hymnes. Mais ce ne m'a pas gêné du tout dans le jeu. C'est un peu gênant dans la communication, mais il y a toujours du bruit dans les grands stades. Peut-être moins qu'ici, mais bon c'est comme ça, il faut s'adapter, et moi ça ne m'a pas perturbé plus que ça.
«Je suis plutôt satisfait du comportement de tous les joueurs»
L'équipe de France termine à la troisième place de ce Tournoi 2008, que pensez-vous de ce classement ?
Je ne sais pas. Troisième sur six, ce n'est pas non plus trop mauvais pour une équipe qui est en pleine construction. On n'a eu qu'un mois et demi pour se préparer, et il y a eu sans cesse du turnover, des va et vient de joueurs de beaucoup de clubs, et forcément ce n'est pas évident pour former un groupe. Je pense que dans l'ensemble, on s'en est plutôt bien tiré, même si ce soir on aurait pu faire mieux. Moi en tout cas, je suis plutôt satisfait du comportement de tous les joueurs, de l'ambiance dans le groupe. Tout s'est bien passé, et je pense que c'est de bon augure pour la suite.
Personnellement c'était votre première expérience en Bleu, que retenez-vous de ces trois semaines passées avec le XV de France ?
J'ai vécu un truc très positif. Je suis venu là en me disant que j'avais tout à apprendre, que rien n'était acquis. J'ai beaucoup écouté les différents conseils qu'on m'a donné, je ne suis pas pris la tête. Je suis arrivé sur la pointe des pieds, on m'a dit de tenter des choses, j'en ai tenté, et voilà , certaines ont réussi, d'autres pas. Mais j'ai beaucoup appris, notamment en ce qui concerne la communication sur le terrain ou le placement. A ce niveau-là , tout va très vite, et on n'a pas le temps de se poser pour voir ce qu'on va faire. J'ai pris tout ce que je pouvais prendre, et j'en retirerai beaucoup de choses pour la suite.»
Propos recueillis par Aymeric MARCHAL, Ã Cardiff