Le Stade Français a signé une grosse performance en s'imposant avec la manière en Ulster (26-10). Le club parisien, solide leader du Top 14, prend la tête de la redoutable poule 4, et lance un nouveau signe fort sur ses ambitions cette année.
Le Ravenhill Stadium n'est donc plus une enceinte maudite pour le Stade Français. En quatre rencontres à Belfast, les Parisiens n'avaient jamais gagné, et ils se méfiaint donc beaucoup de ce match contre l'Ulster, même si le vainqueur de l'édition 1999 n'est plus une machine à gagner. Avec une seule victoire depuis le début de saison et une dernière place en Ligue Celte, la province irlandaise comptait sur la Coupe d'Europe pour retrouver des couleurs, et abordait ce choc contre le leader invaincu du Top 14 avec une grosse envie.
Avec le vent, ce sont pourtant les Parisiens qui ont réalisé une entame parfaite, en marquant quasiment à chaque occasion (deux drops d'Hernandez, un essai de Boussès, une pénalité de Beauxis). Avec seize points de retard à la demi-heure de jeu, les Irlandais ont évidemment réagi, mais de manière désordonnée et brouillonne, sans franchement apporter le danger. Sérieux, discipliné, le Stade Français, en pleine confiance, maîtrisait tranquillement son sujet dans un scénario idéal, en attendant une seconde période qui s'annonçait brûlante.
La force tranquille des Parisiens
Après le repos, le contrat était simple : il s'agissait de défendre, de résister à la furia irlandaise contre le vent, sans faire de fautes, et en marquant à chaque opportunité. Les premières minutes ont été comme prévu très difficiles, avec une pression énorme des Ulstermen, qui ont campé de longues minutes dans les 22 mètres parisiens. Impeccables en défense, les Stadistes ont heureusement laissé passer l'orage sans encombres (trois points encaissés seulement).
Avec le temps qui passait, plus le coup de pouce de la météo qui a fait tomber le vent, le Stade Français a commencé à se dire qu'il y avait une superbe occasion à saisir. Impressionnant d'efficacité et de réalisme, il a marqué un essai décisif par Szarzewski, celui du break définitif, après une charge monumentale de Bastareaud. Il n'y avait pas grand-chose à redire, la différence de niveau entre les deux équipes sautait aux yeux, et la fin de la rencontre n'y a rien changé. C'est le bonus offensif qui devenait alors l'objectif de cette rencontre finalement facile, mais l'orgueil irlandais n'est pas un vain mot, et les coéquipiers de Rory Best n'ont jamais lâché. Ils ont même sauvé l'honneur par un essai de Wallace, mais ont sans doute compris qu'il leur manque pas mal de choses pour retrouver le devant de la scène européenne. Le Stade Français, lui, devrait bientôt y retourner.
Aymeric MARCHAL

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