Paul Le Guen doit-il aligner la meilleure équipe du PSG contre Manchester City ?
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Avec un nom pareil, il ne pouvait qu'endosser le numéro neuf, son poste de fromation. Et pourtant, David Mélé a été aligné à l'ouverture par Jacques Brunel, vendredi dernier contre Trévise. Et le jeune espoir de l'USAP s'en est plutôt bien sorti, dans un match piège, en plantant notamment deux drops déterminants. Il devrait même être reconduit face à la redoutable équipe des Ospreys, samedi. Avec l'insouciance de sa jeunesse, Mélé profite de cette opportunité sans se prendre la tête, mais avec de réelles ambitions.
La nouvelle est tombée en fin de semaine dernière. Touchée par une cascade de blessures au poste de demi d'ouverture (Meyer, Laharrague et Hume), l'USAP se retrouvait sans ouvreur de métier pour son entrée en Coupe d'Europe. Les solutions envisagées : Nicolas Durand ou Jérôme Porical. Jacques Brunel tranchera dans le vif et choisira de titulariser David Mélé (23 ans le 22 octobre prochain). Après quelques apparitions sous le maillot de Perpignan lors des deux précédentes saisons, le demi de mêlée de formation va connaître sa première titularisation en Coupe d'Europe. Pas de quoi affoler le joueur catalan : «J'ai fait abstraction du contexte. Je connaissais les lancements de jeu car je m'entraîne avec les trois-quarts. J'ai essayé de respecter les consignes et j'ai été bien épaulé par mes coéquipiers. J'avais zéro pression.»
En fait, tout avait commencé une semaine plus tôt. David Mélé jouait en espoir, comme c'est souvent le cas. «Le dix s'est blessé. L'entraîneur m'a demandé de le remplacer. Le match s'est bien passé. Quand Jacques Brunel a appris le forfait de Gavin Hume, il est venu me voir et m'a dit qu'il allait m'essayer à l'ouverture.» La suite, on la connaît. Sans briller, Perpignan s'est imposé face à Trévise (27-16), mais David Mélé a surtout inscrit deux drops à des moments clés de la rencontre. «Deux drops qui font du bien, sourit le demi d'ouverture. Car ils remettent l'équipe dans le sens de la marche. Mais il ne faut pas s'arrêter à ça.» Sur sa prestation, David Mélé la juge «vite fait». Il retient surtout les deux touches non trouvées et les deux ballons tombés. «Je suis perfectionniste», précise-t-il.
Galthié, le modèle
Ce côté perfectionniste, David Mélé le tient sûrement de son idole : Fabien Galthié. «C'était mon modèle. Je l'ai suivi de Colomiers jusqu'à son explosion au Stade Français. Sans oublier son passage en équipe de France.» Avant de suivre les performances de l'ex-capitaine des Bleus, David Mélé a d'abord suivi les traces de son père. «J'ai débuté à 4 ans et demi à Port-la-Nouvelle. Toute la famille jouait au rugby et ça me plaisait.» Il a ensuite rejoint le club phare de sa région natale, Narbonne, avant d'intégrer le pôle espoir de Béziers. Puis à 17 ans, c'est l'USAP qui l'accueillera et lui proposera un premier contrat au poste de demi de mêlée. «Au centre de formation de Béziers, j'ai joué deux ans à l'ouverture. Mais je voulais retrouver la mêlée. Perpignan me le proposait.»
Quant au choix du poste, c'était finalement écrit. Avec un nom pareil... «C'est surtout parce que j'étais plus petit que les autres (1,70 m, 70 kg). C'est un poste où l'on touche beaucoup de ballons, avec des responsabilités. Et j'aime bien le côté filou du demi de mêlée.» Une filouterie qu'il revendique. «J'aime bien déconner. Mes amis ont parfois du mal à me supporter. J'ai un côté hyper actif. J'aime la vie quoi !» Et il a aussi aimé ses débuts sous le maillot catalan, le 19 août 2006, lorsqu'il dispute les cinq dernières minutes de la rencontre face au Castres Olympique. C'était à Aimé-Giral, l'antre de l'USAP. «C'était de la folie. Le record d'affluence était battu. En entrant sur la pelouse, je frissonnais d'entendre ce public. Dans ce stade, l'ambiance est si particulière, c'est du jamais-vu.»
Du bonus
Pour ses débuts, il sera également bien épaulés par les «papas» catalans, à l'image de Bernard Goutta, capitaine et joueur emblématique du club. «J'étais le petit protégé.» Mais si David Mélé s'est parfaitement intégré au groupe pro, la concurrence est rude. Avec deux internationaux, Nicolas Durand (2 sélections) et l'Ecossais Chris Cusiter (39 sélections), il ramasse les miettes, mais avec philosophie : «Je suis jeune, j'ai le temps de progresser. J'imprègne les conseils des coaches et des joueurs. Après, c'est sûr que je suis frustré de ne pas jouer. Mais c'est normal, la hiérarchie est là .»
David Mélé fera les comptes en fin de saison. Il sera en fin de contrat. «Mon objectif est de me faire une place. Je tente ma chance. C'est un gros défi à relever. Alors quand je joue, ce n'est que du bonus.» Reste un rêve, celui d'être associé à Daniel Carter, qui doit poser ses valises début décembre à Perpignan. «Oui, j'y pense. C'est le meilleur joueur du monde. Alors j'espère que j'aurai la chance d'être associé à lui au moins une fois. Ce serait une belle expérience.» En attendant, il pourrait à nouveau être reconduit au poste d'ouvreur pour le déplacement périlleux chez les Ospreys. Prêt à relever le défi.
Maxime RAULIN

