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    Coupe d'Europe - Demi finales 
L. T.  Toulouse - Munster : 13-12 


Au terme d'un match digne d'un scénario hitchcockien, le Stade Toulousain se qualifie pour la seconde finale de son histoire en battant la province irlandaise du Munster (13-12). Toulouse affrontera, en finale, Perpignan vainqueur du Leinster 21-14.

La fiche de match
Les réactions

Trois représentants de la nouvelle vague du Stade Toulousain...



... qui jouera la finale de coupe d'Europe le 24 mai prochain à Lansdowne Road contre l'USAP. (© L'Equipe)


Xavier Garbajosa, masqué, vient de relâcher le ballon dans l'en-but. L'essai sera refusé par l'arbitrage vidéo. (© L'Equipe)


Frédéric Michalak marque l'essai libérateur. Jean-Baptiste Elissalde transforme et permet aux Toulousains de l'emporter. (© L'Equipe)

 Au bout de l'angoisse

Une heure vingt de crispation (le temps que Toulouse aura passé à chercher son jeu), une minute de soulagement (le temps de jeu qui amène le seul essai du match marqué par Michalak) et neuf minutes d'angoisse pure pour terminer (la durée des arrêts de jeu). C'est ainsi que l'on peut résumer cette demi-finale à l'eau forte et au suspens trépident car indécise jusque dans les ultimes secondes. Un cocktail qui donne des frissons, tord les nerfs jusqu'au supplice mais dont la descente est plutôt enivrante, surtout si on est Rouge et Noir.

Cette demi-finale propulse finalement Toulouse en finale de la Coupe d'Europe pour la seconde fois de son histoire. Après sept ans de disette continentale et trois échecs successifs à ce stade de la compétition. Un match qui se joue à trois fois rien. À un essai arraché de haute lutte par Frédéric Michalak dans les cinq dernières minutes, à deux drops ratés d'un cheveu par Ronan O'Gara dans les arrêts de jeu. Toulouse, mené pratiquement de bout en bout, aura eu le mérite de ne jamais s'affoler.

Le 24 mai prochain, le Stade Toulousain rencontrera Perpignan, le vainqueur de l'autre demi-finale qui se jouait à Dublin entre le Leinster et le club catalan. Après avoir digéré le bonheur d'avoir remporté ce match qu'il ne fallait pas perdre, Guy Novès et ses hommes auront toute la lucidité pour analyser une performance qui ne fut pas entièrement satisfaisante et aurait pu permettre d'envoyer les Irlandais au septième ciel. En clair, le Stade Toulousain devra sensiblement élever son niveau de jeu s'il veut remporter un deuxième titre européen.

 Le match : tendu et brouillon

Le Stade Toulousain, sans doute tétanisé par l'enjeu, n'est pas dans les meilleures dispositions quand le match débute. D'entrée, la domination est irlandaise. Conservation du ballon, occupation du terrain, conquête : tous les fondamentaux sont maîtrisés par les Irlandais qui mettent une pression d'enfer sur les Toulousains. Au bout de 20 minutes, le Stade est mené 6-0 (un drop plus une pénalité de O'Gara) et on se demande comment il va pouvoir inverser la vapeur.

Car son organisation offensive est très approximative. Elle est minée par les nombreuses fautes de mains, par les imprécisions de ses leaders offensifs (Michalak, Poitrenaud et Garbajosa notamment), par l'absence trop fréquente du soutien et par le manque de percussion de ses avants (la troisième ligne toulousaine, à l'image de Christian Labit a toutes les peines du monde à franchir le premier rideau). Les Toulousains perdent énormément de ballons et ne s'approchent que très rarement de l'en-but adverse. Yann delaigue marque les premiers points toulousains en toute fin de première mi-temps, sur une pénalité (3-6).

En seconde mi-temps, remis sur d'autres rails par Guy Novès qui ajuste son système de jeu en demandant à ses joueurs de fixer davantage le Munster avant de lâcher les chevaux dans le grand large, Toulouse se crée davantage d'occasions. Xavier Garbajosa échoue d'un rien au terme d'une belle action (l'arbitrage vidéo décèle un en-avant dans l'en-but). Mais les Rouge et Noir manquent toujours de clairvoyance dans le dernier geste. Ce sont plutôt les Irlandais qui resserrent le garot : O'Gara enquille un drop et une pénalité pour offrir à son équipe une avance de 6 points (12-6) à 20 minutes de la fin.

Guy Novès use à bon escient du coaching aux postes clés : Jean-Baptiste Elissalde fait son entrée à la mêlée à la place de Yann Delaigue, Michalak glissant à l'ouverture. Cette nouvelle charnière peut provoquer l'étincelle tant attendue mais la fin du match approche à toute vitesse. Les vieux démons, ceux de cette demi-finale perdue en 2000 contre cette même équipe, trépignent en coulisses.

C'est finalement Frédéric Michalak qui libère les 30 000 spectateurs toulousains présents au Stadium : il conclut en bout de ligne une action de grande classe après des percussions tranchantes de William servat et Vincent Clerc, et un relais impeccable d'Elissalde. C'est ce même Elissalde qui transforme et donne enfin l'avantage à Toulouse. Avec une maîtrise retrouvée, le Stade Toulousain gérait au mieux ce point d'avance.



 
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