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Saison 2002-2003
Mondiaux 2003

    Mondiaux 2003 - Super-G femmes 
Arnaud TILLOUS  Dorfmeister d'un souffle 


Michaela Dorfmeister a profité de conditions météorologiques changeantes pour s'imposer de deux centièmes devant Kirsten L. Clark. Une autre Américaine, Jonna Mendes, complète ce podium inattendu. Grosse déception pour Carole Montillet, seulement quatorzième.



> Le classement de l'épreuve

> Les déclarations

Michaela Dorfmeister était la première surprise par sa victoire (Photo Reuters)

> Super-G femmes
à St-Moritz (SUI)

1. Michaela Dorfmeister (AUT)
2. Kirsten L. Clark (USA)
3. Jonna Mendes (USA)

> Les Françaises
14. Carole Montillet
22. Ingrid Jacquemod
26. Mélanie Suchet

Plus mauvais résultat de la saison pour Carole Montillet en super-G (Photo AFP)

 Un podium surprise

Après le fantastique podium de la veille chez les hommes, le résultat de la course femmes est beaucoup plus surprenant. Parmi les trois skieuses médaillées, seule Michaela Dorfmeister avait pris une des trois premières places d'un super-G cette saison (3e à Val d'Isère). Jonna Mendes n'était même jamais montée sur un podium de Coupe du monde au cours de sa carrière, tandis que Kirsten L. Clark ne l'avait gravi qu'une seule fois dans cette discipline.

Les craintes émises à propos du site de Saint-Moritz se sont vérifiées. Les conditions n'ont pas été régulières entre les différents passages. Le soleil, présent au début de la course, a progressivement disparu derrière les nuages, poussés par un fort vent. Les dernières concurrentes et favorites de l'épreuve se sont donc élancées dans le jour blanc et sous de grosses rafales, leur ôtant tout espoir de victoire.

Pour obtenir une médaille, il fallait s'élancer avec un dossard compris entre le 17 et le 23. Au-delà, il devenait très compliqué d'entrer dans les 10, seules Alexandra Meissnitzer et Renate Goetschl y sont parvenues, se classant 5e et 8e.

 Deuxième titre pour "Michi"

Ses conditions irrégulières ont tout de même sacré une immense championne, Michaela Dorfmeister. L'Autrichienne, une des meilleures skieuses du monde depuis cinq ans, avec quinze victoires en Coupe du monde, avait enfin remporté l'an passé le classement général de la Coupe du monde.

Meilleure skieuse du monde en 2002 mais rentrée bredouille des Jeux Olympiques, "Michi" prend une éclatante revanche en Suisse. En retrait depuis le début de saison, avec une seule victoire et trois podiums en Coupe du monde, Dorfmeister confirme ses capacités dans les courses d'un jour, effaçant le mauvais souvenir de Salt Lake City.

Cette victoire constitue son deuxième titre mondial après celui de la descente obtenu à Sankt-Anton, en 2001. Vice-championne olympique du super-G à Nagano, en 1998, les Championnats du monde restent son épreuve favorite avec une deuxième place en descente et une troisième en super-G à Vail, en 1999.

 Montillet très loin

Battue de justesse par Dorfmeister, Kirsten L. Clark adore cette piste de Saint-Moritz où elle avait signé son seul podium en super-G, il y a un an. Spécialiste de la vitesse, l'Américaine éclate cette année au plus haut niveau en multipliant les places dans les dix premières, notamment en descente où elle est première ex aequo, avec Carole Montillet, du classement de la discipline.

La descente de dimanche prochain, c'est maintenant la seule course qu'il reste à Carole Montillet pour ne pas repartir bredouille de ces Mondiaux. La championne olympique de Salt Lake s'est pourtant élancée avec toute la rage qu'on lui connait. Mais, elle comptait déjà 56 centièmes de retard au premier intermédiaire, sur une portion de piste rapide censée lui convenir et sans avoir pourtant commis de grosses fautes.

La situation de "Montiti " ne s'arrangeait pas dans la partie médiane, plus technique, où son retard dépassait même la seconde pour finalement s'établir au-delà de la seconde et demie. Battue par les conditions plus que par sa faute, Montillet doit prendre une revanche dans l'épreuve reine, ce week-end.

 Déclarations

Michaela Dorfmeister (Aut/championne du monde de super-G) : « C'est d'autant plus inattendu que je n'avais pas brillé récemment en super-G. C'est un départ de rêve dans ces Championnats du monde. Ce titre va me permettre d'aborder en toute décontraction les autres épreuves, et notamment la défense de mon titre dans le descente. »

Kirsten L. Clark (USA/2e) : « Après quatre Championnats du monde et deux Jeux olympiques, cette première médaille signifie beaucoup pour moi. Je savais que j'étais capable de faire quelque chose de bien aujourd'hui, après mes bons résultats du début de saison. La clé de ma réussite a été une excellente reconnaissance et une bonne préparation de la course avec les entraîneurs. »

Carole Montillet (Fra/14e) : « C'était une course irrégulière. À partir du dossard 25, le vent s'est levé au départ avec plus de force. Il y avait des rafales et il fallait se profiler, presque s'aplatir. Le vent dans le nez, ça freine. Au premier temps intermédiaire, après le plat, on passait avec une demi-seconde de retard. C'est dur, c'est décevant, même si je suis dans le wagon des favorites qui ne sont pas sur le podium. C'est rageant car ça profite toujours aux mêmes. Comme à Lenzerheide (en descente, Dorfmeister avait gagné devant Clark). Ca reste de bonnes skieuses, mais c'est rageant de voir une Mendes sur le podium. J'aurais aimé réussir mais je n'aurais pu en faire plus dans ces conditions. Quand je suis partie, il y avait encore assez de lumière. C'est dommage car la piste était très agréable à skier. Il y avait du rythme, avec les mouvements de terrain. Je vais aller pleurer un peu et courir. Ça aide à oublier ».

Ingrid Jacquemod (Fra/22e) : « Je n'ai pas réussi à prendre de la vitesse. Je n'ai pas été très franche sur l'entrée des courbes. Il y avait pas mal de vent et c'était le jour blanc sur la fin du parcours ».

Mélanie Suchet (Fra/26e) : « Je suis déçue. Je regrette de ne pas m'être assez engagée. Ça tournait et les portes arrivaient vite. Il fallait beaucoup s'engager pour oser quelque chose. Les premières ont eu moins de vent ».


 
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