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ROLAND-GARROS

Retour sur le tournoi féminin

2007
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HENIN SEULE AU MONDE
Par Sophie DORGAN

Année après année, Justine Henin monte en puissance. Pour son quatrième titre à Paris, la numéro 1 mondiale a survolé cette édition 2007 où ses rivales n'ont jamais été en mesure de l'inquiéter. Et pourtant, la Belge est une anxieuse. Lors de ce one-woman show, les Bleues ont brillé par leur discrétion à l'exception de Marion Bartoli.
 
Justine Henin remporte son 4e titre à Paris et n'a pas perdu un set depuis 2005 à Roland. (L'Equipe)

Justine Henin de plus en plus solide

«Je me sens chez moi, ici.» Justine Henin le répète à l'envi, Roland-Garros l'inspire. Et cette année, la numéro 1 mondiale n'a jamais aussi bien porté sa tunique. Paris n'a vu qu'elle ! Seulement 38 jeux laissés à ses adversaires en sept matches, dont sept lors de sa demi-finale et sa finale ! L'an dernier, ses adversaires avaient picoré 40 jeux et en 2005, 50 jeux étaient tombés dans l'escarcelle de ses rivales. Pour son quatrième titre, son troisième d'affilée à Paris, la Belge a bien fait les choses, un «travail très propre» comme elle dit. Si les statistiques peuvent se révéler trompeuses sur le niveau de jeu, elles sont bien en phase avec le tennis pratiqué par Justine Henin. Depuis un troisième tour (7-6 [6], 4-6, 7-5) contre Svetlana Kuznetsova en 2005, elle n'a plus perdu un set, Porte d'Auteuil. Et saison après saison, elle complète sa panoplie déjà bien garnie. Lors de cette quinzaine, la nouvelle Justine Henin, plus ouverte, a mis en application au fil des tours ses velléités offensives et surtout à démontrer sa solidité en coup droit et au service. Comme chez les hommes, avec Rafael Nadal, une impression d'inéluctable victoire a plané pendant deux semaines. Même son choc en quart de finale contre Serena Williams a fait pschittt... (6-4, 6-3). L'effet de sa rencontre précédente... Après son huitième de finale contre Sybille Bammer (6-2, 6-4) elle a ressenti le besoin d'une explication de texte avec son coach. La suite se passe de commentaires...

Lors de la cérémonie de remise de prix, elle glane le prix du meilleur physique, de la meilleure technique, de la meilleure intelligence de jeu et du meilleur mental. Comment pouvait-elle perdre ? Bien sûr, il y a l'incertitude du sport avec son lot de blessures, mais les grands champions gèrent même l'incertitude. «C'est important de ne rien laisser au hasard, jamais», explique Justine Henin après sa victoire expéditive contre Ana Ivanovic, auteure d'un tournoi remarquable avec une victoire brillante contre Maria Sharapova. Après avoir sauvé deux balles de match contre Patty Schnyder (3-6, 6-4, 9-7) lors du seul match à suspense de cette quinzaine, la Russe signe sa première demi-finale dans la douleur avec son épaule peu opérationnelle et un jeu de jambes sur la terre aussi délicat qu'une «vache sur une patinoire», dixit la numéro 2 mondiale.

Marion Bartoli, dernière Française

Sans lien de causes à effets entre une vache, une patinoire et les Françaises, les Bleues ont glissé vers l'anonymat très rapidement. Dès le début des Internationaux, ça sentait la fin avec le forfait de Tatiana Golovin et la préparation tronquée d'Amélie Mauresmo. Et sur une surface de vérité comme la terre battue, les approximations se traduisent en défaites. Victime d'une déchirure à l'adducteur, la numéro 1 tricolore a cédé (6-3, 7-6 [3]) au troisième tour face à Lucie Safarova et résumera sobrement son parcours : «Il n'y a pas eu de miracle.»

Sa cadette, Marion Bartoli, réalise son meilleur Roland-Garros avec une victoire convaincante contre Elena Dementieva. Mais son huitième de finale s'achève sur le même air de famille "allo, maman, bobo" avec un problème à la hanche et un échec cinglant (6-1, 6-1) contre Jelena Jankovic. Et ces carences physiques ont également coûté cher à Stéphanie Cohen-Aloro. Bénéficiaire d'une wild-card, la Parisienne, très talentueuse, a réalisé un excellent parcours mais est tombée sur la meilleure condition physique de Tathiana Garbin au troisième tour. Au registre des satisfactions, la victoire de Nathalie Dechy en double mixte et surtout le titre d'Alizé Cornet en juniors apportent un joli lot de consolation. Histoire de garder un souvenir positif d'une édition où le scénario était déjà écrit dès les premiers tours de roue...

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