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Le 03-06-2007 00:17
 

Troisième tour hommes - Samedi 2 juin

LE RESPECT, UNE VALEUR QUI SE PERD ?

Olivier Patience a poussé le Serbe Novak Djokovic au cinquième set. (L'Equipe)
Il n'y aura pas de Français en deuxième semaine. Paul-Henri Mathieu a lourdement chuté face au Russe Igor Andreev, tandis qu'Olivier Patience a pu y croire jusqu'au milieu du cinquième set contre Novak Djokovic. Une rencontre de plus de quatre heures, placée sous le signe du beau jeu et du beau geste.

Patience et force de rage

Alors que la balle de match vient d'être jouée, il faut scruter les visages, y chercher le sourire de l'un et la mine renfrognée de l'autre pour savoir qui de Novak Djokovic ou d'Olivier Patience a gagné. Parce que sinon... Presque 20 heures, et tout Suzanne Lenglen réserve une ovation debout aux deux hommes, qui tombent dans les bras l'un de l'autre au filet. Quatre heures et quatre minutes de combat. Quatre heures et quatre minutes de coups de génie décochés de part et d'autre, quatre heures et quatre minutes de courage brandi à coups de glissades, d'amortis venus d'une autre planète et de passings décochés en bout de course et à bout de souffle. Quatre heures et quatre minutes de panache. Celui d'Olivier Patience, 129e mondial, capable de placer des aces sur deuxième balle au nez et à la barbe d'un 6e mondial. «Je n'ai pas grand-chose à me reprocher, a-t-il commenté. C'était génial ! J'ai senti le public me soutenir du début à la fin. En rentrant sur le terrain, je ne savais pas à quoi m'attendre. J'ai savouré, c'est un moment qui va me rester...»

Quatre heures et quatre minute de respect profond. Celui du jeu et celui de l'adversaire. Qui a mené Novak Djokovic, pourtant réputé mauvais joueur dans ce domaine, à rendre par deux fois, à des moments cruciaux du match, le point à son vaillant challenger. Sur un dernier coup droit dans les bâches du Français, le Serbe vient de se qualifier en huitièmes de finale de Roland-Garros grâce à une victoire (7-6, 2-6, 3-6, 7-6, 6-3). Il n'y aura donc pas de Français en deuxième semaine. Triste constat. Mais au soir de cette septième journée des Internationaux de France, le tennis tricolore n'a pas tout perdu. Il a gagné un guerrier. Olivier Patience n'est pas le plus connu, pas le mieux classé, pas le plus titré des Français, mais il est certainement le plus enthousiasmant de ceux qu'il nous a été donné de voir cette année à Roland-Garros. Gaël Monfils avait montré le chemin vendredi, Olivier Patience a, lui, largement élargi la voie. Failli, seulement, c'est vrai. Alors, forcément, comme chez les spectateurs, des regrets il y en aura chez l'élève d'Eric Winogradsky. Celui d'avoir manqué deux balles de premier set, d'abord. Celui de cet amorti en bout de course resté dans la bande dans le dixième jeu du quatrième set, ensuite. S'il était passé, il aurait été synonyme de balle de match pour Patience... Celui de ces trois balles de break manquées enfin, dont deux sur des fautes directes, dans le septième jeu de la manche décisive. Mais, Novak Djokovic n'est pas n'importe qui. Novak Djokovic sert puissamment. Novak Djokovic est passé maître dans l'art de l'amorti. Novak Djokovic a appris à jouer avec la géométrie d'un court en terre battue. Et Novak Djokovic extériorise ses émotions sur le court. Il sait en faire son moteur, au risque parfois d'y laisser énergie et santé mentale : le «pétage de plombs», voilà encore sa seule vraie faiblesse...

Mathieu, trop juste

L'énergie. Tel aura également été le maître-mot de la rencontre qui opposait Paul-Henri Mathieu au Russe Igor Andreev sur le court Philippe-Chatrier. Ou plus exactement, son absence. Comme en Coupe Davis il y a quelques semaines, «Paulo» n'avait plus assez de jus pour pouvoir ne serait-ce qu'envisager inquiéter son adversaire, qu'il a qualifié de «Nadal, en droitier». Et s'est donc exposé à un verdict sévère. «J'ai senti assez tôt que je n'avais pas de jus, j'avais du mal à bouger, a expliqué PHM. J'espèrais que cela vienne, ce n'est jamais venu. (...) Aujourd'hui (samedi, ndlr), c'était un jour sans. Il faut que j'arrive à voir pourquoi.» Jour sans? Rafael Nadal ne sait toujours pas ce que cela fait à Roland-Garros. Pour son dernier match en tant que jeune homme de vingt ans, puisque dimanche, c'est son anniversaire, le Majorquin s'est une nouvelle fois baladé, corrigeant son compatriote Albert Montanès 6-1, 6-3, 6-2 en 2h21. Et c'est à Lleyton Hewitt, vainqueur de Jarkko Nieminen (1-6, 6-3, 7-5, 6-2) qu'échoit le privilège d'être son prochain adversaire.

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