Au terme d'un brouillon de match, Novak Djokovic a arraché sa qualification pour les huitièmes de finale à Indian Wells. Le n°2 mondial a dû sévèrement s'employer pour se défaire de Philipp Kohlschreiber (6-3, 2-6, 7-6[3]). En tête 6-3, 2-0, le Serbe est soudain totalement sorti du match pour encaisser neuf jeux de suite.
Mené 3-0 dans la manche décisive, le «Djoker» a su se faire violence pour passer en tête (4-3 service à suivre). Mais il était dit que rien ne serait simple pour le dauphin du classement mondial, qui a dû effacer trois balles de match (4-5) avant de finir par conquérir le jeu décisif. Il pouvait bien hurler sa rage une fois la balle de match jouée avec, enfin, un coup droit décroisé gagnant. Comme le disent souvent les grands joueurs, il faut savoir gagner même dans un jour sans.
Déjà victime d'un trou d'air pour son premier match face à Mardy Fish, Djokovic a encore connu un black out ce lundi. La concentration qui s'en va et c'est tout son jeu qui a pris soudain la direction des vestiaires pendant neuf jeux où plus rien n'a fonctionné. Timing envolé, première balle inefficace, coup droit dans les bâches, revers retenu : rien. Le récent vainqueur à Dubaï et de nouveau héros en son pays en Coupe Davis semblait sombrer corps et biens. Mais du haut de de ses 22 ans, il a déjà accumulé une expérience d'ancien. Alors il s'est accroché, a fait profil bas et s'est battu.
Le service toujours en pagaille, il a fait avec les moyens du jour face à un joueur qui décidément lui pose de nombreux problèmes. Kohlschreiber avec ses grandes frappes des deux côtés avait brisé le rêve du Serbe à Roland-Garros en 2009 et il a bien failli de nouveau le faire déraper. Il n'a en revanche rien à se reprocher sur les balles de match envolées : dos au mur, Djokovic a joué le tout pour le tout. La frustration l'a sans doute rattrapé dans le tie-break. Todd Martin pouvait respirer au bord du court, même si la collaboration débutée il y a quelques mois en parallèle avec le coach attitré du Serbe a du mal à prendre son envol. Certes l'enchaînement Dubaï - Coupe Davis - Indian Wells a laissé des traces. Certes le passage terre battue intérieure - dur extérieur pose évidemment des soucis d'adaptation. Mais s'il veut aller au bout cette semaine, comme en 2008, Djokovic va devoir sérieusement hausser son niveau de jeu. La rage mise à ne pas couler sur le central reste un gage de sa motivation et sans doute le seul point positif dujour. - C.B.

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